Bagarre honteuse: Tom Wilson perd la tête

Bagarre honteuse: Tom Wilson perd la tête

Par David Garel le 2026-02-15

Il était déjà sur toutes les lèvres à Milan.

Depuis vendredi, Tom Wilson traîne derrière lui une ombre lourde, celle de la blessure catastrophique subie par Kevin Fiala.

Une collision malheureuse, une chute, tout son poids qui retombe sur la jambe du Suisse, puis la civière. Quelques heures plus tard : opération en Italie, saison terminée.

Pour Fiala, c’est un cauchemar sportif et humain. Pour les Kings de Los Angeles, c’est un coup de massue en pleine course aux séries.

Même si tout le monde, arbitres, analystes, anciens joueurs, s’entend pour dire que ce n’était pas intentionnel, Wilson est devenu malgré lui le visage de cette tragédie.

Et dimanche, contre la France, il a lui-même ravivé l’incendie.

Dans un match déjà complètement à sens unique, remporté 10-2 par le Canada, Wilson a perdu la tête.

Alors que la rencontre était pliée, il a jeté les gants contre Pierre Crinon, en plein hockey international, où ce genre de geste est strictement interdit.

La suite aurait pu être grave: expulsion automatique, possible suspension à venir, et une séquence qui a fait le tour du monde.

Heureusement, c'est maintenant confirmé: il n'y aura pas de suspension supplémentaire.

Le plus dur dans cette scène honteuse? Il ne s’est même pas imposé.

Crinon l’a brassé comme un vieux sac de patates. Wilson s’est fait secouer, repousser, contrôler, avant de se relever, rouge de rage, visiblement humilié.

On l’a vu hurler après le Français, tirer sur son chandail, lui lancer qu’il ne se battait pas « avec ses mains ». Crinon, lui, était déjà en mode “viens-t’en”. Calme. Froid. Presque détaché.

Wilson, au contraire, était cramé.

On aurait dit un gars qui venait de réaliser qu’il venait de se ridiculiser devant tout le monde.

Et c’est là que ça devient difficile à défendre.

Parce que Tom Wilson, ce n’est pas un quatrième trio obscur. C’est l’ailier de Connor McDavid. C’est un vétéran. C’est un joueur censé protéger ses vedettes, oui, mais aussi garder la tête froide. À ce moment précis, il n’a pas eu l’air du crayon le plus aiguisé de la boîte.

Pourquoi péter une coche comme ça, dans un match gagné d’avance?

Pourquoi risquer une suspension avant un quart de finale olympique?

Pourquoi offrir cette image-là, alors qu’il était déjà sous les projecteurs pour de mauvaises raisons?

D’autant plus que sur la glace, le Canada roulait littéralement sur la France.

Wilson avait pourtant bien amorcé la rencontre en ouvrant la marque. Ensuite, la machine s’est mise en marche. Sidney Crosby, Nathan MacKinnon, Cale Makar, Macklin Celebrini, McDavid, Bo Horvat et Brandon Hagel ont tous noirci la feuille de pointage dans ce festival offensif.

Celebrini a marqué deux fois. Crosby a encore écrit une page d’histoire. McDavid a dicté le tempo. Et le Canada a confirmé sa première place du groupe A, filant directement en quarts de finale.

Bref, tout allait parfaitement.

Jusqu’à ce que Wilson décide de transformer une domination tranquille en cirque inutile.

Quelques instants avant la bagarre, Crinon avait servi un coup de coude à la tête MacKinnon. Wilson a voulu jouer au shérif. Sauf qu’au lieu de calmer les choses, il a tout empiré: pour lui, pour son équipe, et pour son image déjà fragilisée depuis l’accident avec Fiala.

Parce qu’aujourd’hui, la réalité est brutale : Tom Wilson traîne deux histoires lourdes en moins de 48 heures. D’abord un malheureux accident qui met fin à la saison d’un joueur étoile. Ensuite, une explosion de colère totalement évitable, qui pourrait lui coûter un match crucial.

Et pendant ce temps, Kevin Fiala est en rééducation à Milan, une jambe opérée, une saison envolée.

Wilson a reçu la confirmation qu'il pourra être en uniforme pour le quart de finale.

Mais le vrai drame dans toute cette séquence.

Ce n'est pas seulement l’image du dur qui se fait brasser.

Pas seulement l’ego froissé.

Mais l’impression persistante qu’en l’espace de deux matchs, Tom Wilson est passé de guerrier utile à bombe émotionnelle incontrôlable au pire moment possible.

Et à ce niveau-là, aux Jeux olympiques, ça ne pardonne pas.