On a eu droit au combat de l’année chez le Rocket de Laval: Tyler Thorpe vient de se placer exactement là où le Canadien regarde
Ce qui s’est passé hier n’est pas qu’un simple combat spectaculaire dans la Ligue américaine. Ce n’est pas non plus un moment isolé destiné à faire lever la foule de la Place Bell.
Le combat de Tyler Torphe, c’est un signal hockey clair, envoyé autant à l’organisation du Canadien qu’au reste de la ligue : Montréal a peut-être déjà, à l’interne, son prochain justicier de service.
Et ce signal arrive au pire moment pour Arber Xhekaj.
Parce qu’au même moment, le dossier du shérif est en train de devenir instable, politiquement et sportivement.
Tyler Torphe, 6 pieds 4, 231 livres, n’est pas un joueur controversé qui a une relation tendue avec son coach. Il n’est pas un projet hybride. Il n’est pas un défenseur qu’on essaie de transformer en joueur “responsable”.
Il est exactement ce qu’il est : un homme fort, un gars qui fait peur naturellement, un gars qui protège ses coéquipiers, qui joue peu de minutes, mais qui change l’ambiance d’un match dès qu’il saute sur la glace.
Et hier, il l’a rappelé à tout le monde.
Le combat n’était pas une escarmouche. C’était un combat assumé, déclenché au bon moment, contre le bon adversaire, sans retenue, sans hésitation.
Une vraie bagarre de rue!
THORPY 🥊 pic.twitter.com/Gwr2z6KV0v
— Rocket de Laval (@RocketLaval) January 21, 2026
Torphe n’a pas cherché à survivre. Il n’a pas cherché à s’accrocher. Il a fait ce que les vrais goons font encore dans le hockey professionnel : envoyer un message clair, net, définitif.
À Laval, tout le monde le sait déjà.
Dans la Ligue américaine, tout le monde commence à le savoir.
Tyler Thorpe fait peur. Ce n'est pas le gars le plus baveux ou le plus arrogant. Mais il fait peur mentalement et physiquement.
Et c’est là que le lien avec Arber Xhekaj devient impossible à ignorer.
Depuis des mois, le Canadien est pris dans une contradiction inconfortable avec Xhekaj. On l’utilise comme shérif. On le met dans des situations de réponse physique. On s’attend à ce qu’il protège ses coéquipiers.
Mais en même temps, on ne lui fait pas confiance défensivement. On limite ses minutes. On le sort de l’alignement. On refuse de le développer à l’attaque. Et surtout, on l’expose à des décisions impulsives qui finissent par coûter cher à l’équipe. (les fameuses "erreurs niaiseuses" comme le dit si bien Martin St-Louis ou bien ses "pénalités stupides" au mauvais moment).
Xhekaj est coincé dans un rôle ingrat.
Il est trop important physiquement pour disparaître.
Mais trop risqué défensivement pour être pleinement utilisé.
Et l’été qui s’en vient complique encore plus le tout.
Xhekaj devient joueur autonome avec compensation. Les offres hostiles sont un véritable danger. Elles sont une possibilité réelle, surtout pour un joueur payé 1,3 million, jeune, effrayant, populaire, et perçu ailleurs comme sous-utilisé. Montréal devra décider : payer, échanger, ou risquer de perdre un actif dans un contexte déjà tendu.
Rappelons que si le CH égale une offre hostile, Xhekaj ne peut pas être échangé pendant un an. Et selon ce qui circule, le clan Xhekaj voudrait un salaire se situant entre 2 et 2,5 M$ par année.
C’est exactement là que Tyler Torphe entre dans l’équation.
Parce que si le Canadien perd Xhekaj, par transaction ou par une offre hostile, la question numéro un devient :
Qui protège les jeunes talent?
Et la réponse, aujourd’hui, commence à être évidente.
Torphe n’est pas là pour jouer 15 minutes.
Il n’est pas là pour tuer des pénalités.
Il n’est pas là pour faire semblant d’être autre chose.
Il est là pour casser des faces quand ça déborde, pour calmer un banc adverse, pour rappeler que Montréal ne se laisse pas intimider gratuitement.
Exactement ce que Xhekaj faisait… mais sans la pression de devoir être un défenseur fiable top-6.
C’est ça, la différence clé.
Avec Torphe, le rôle est clair, assumé, limité.
Avec Xhekaj, le rôle est flou, lourd, contradictoire.
Et Martin St-Louis, on le sait maintenant, n’aime pas les zones grises.
Ce combat à Laval ne garantit pas que Torphe sera à Montréal demain matin. Mais il confirme une chose essentielle : le Canadien n’est pas nu s’il perd Xhekaj. Il a une carte dans sa manche. Une carte brute, imparfaite, mais parfaitement alignée avec un rôle précis.
Dans la LNH moderne, les goons ont presque disparu. Mais ceux qui restent ont une utilité très ciblée. Et Tyler Thorpe vient de démontrer qu’il peut être ce gars-là. Pas un joueur d’impact statistique. Un joueur d’impact émotionnel et sécuritaire.
Le timing n’est pas un hasard.
Plus Xhekaj devient un dossier politique, contractuel et disciplinaire, plus Torphe devient une assurance interne. Une option de repli. Un plan B crédible.
Hier, à Laval, ce n’était pas juste le combat de l’année.
C’était peut-être le début d’un passage de témoin, silencieux, brutal, mais parfaitement logique dans l’écosystème du Canadien.
Et à Montréal, quand un message passe par les poings plutôt que par les mots… c’est rarement pour rien.
