Attitude déplacée: Kirby Dach fait jaser à Edmonton

Attitude déplacée: Kirby Dach fait jaser à Edmonton

David Garel
Le 2026-06-01

Les yeux des Oilers sont rivés sur Montréal aujourd'hui.

Il y a une raison si les dirigeants des Oilers et plusieurs journalistes couvrant l'équipe surveillent aujourd'hui le bilan de fin de saison du Canadien de Montréal avec autant d'attention.

Cette raison s'appelle Kirby Dach.

Depuis quelques semaines, tout indique que son avenir à Montréal est compromis. Plus le temps avance, plus l'impression grandit que l'organisation est arrivée au bout de sa patience avec un joueur qui devait devenir un morceau important du noyau et qui, 4 ans plus tard, laisse surtout derrière lui une immense frustration.

La réalité est brutale pour Dach.

Le Canadien devra bientôt prendre une décision concernant son offre qualificative. Selon les règles de la convention collective, conserver ses droits signifie lui offrir un contrat d'au moins quatre millions de dollars.

Pour un joueur qui a terminé la saison avec seulement 15 points en 37 matchs, qui a encore raté une énorme portion du calendrier, qui a vu son temps de glace fondre et qui a terminé les séries éliminatoires pratiquement invisible, 4 millions... c'est du vol...

Pendant un bref moment, on a cru revoir l'ancien troisième choix au total. Lors de la première ronde, Dach a connu quelques matchs encourageants. Il a marqué des buts importants. Il a temporairement fait taire les critiques. Certains parlaient même d'un réveil.

Cela s'est produit après le fameux revirement en prolongation contre le Lightning. Cette erreur coûteuse avait déclenché une véritable tempête sur les réseaux sociaux.

La pression est devenue si intense que Kirby Dach et sa conjointe ont fini par fermer temporairement leurs comptes Instagram afin d’échapper à la vague de commentaires. C’est à partir de ce moment que Dach avait connu son meilleur passage des séries. Comme si le bruit extérieur avait finalement provoqué une réaction. Comme si les critiques avaient réveillé quelque chose.

Mais ce réveil n'aura duré que quelques jours.

À partir du mois de mai, sa production s'est complètement évaporée. Plus aucune passe. Deux buts seulement. Aucun impact offensif constant. Aucun sentiment qu'il pouvait changer l'allure d'un match.

Sa poussée n’a été qu’un mirage. Son dernier but remonte au troisième match contre les Sabres de Buffalo et, après cette soirée, la production s’est complètement asséchée. Lors de ses sept derniers matchs éliminatoires, Dach a été blanchi de la feuille de pointage.

Parmi tous les attaquants réguliers ayant participé à l’ensemble du parcours du Canadien, il a terminé au dernier rang de pratiquement toutes les catégories offensives importantes. Dach traversait les matchs comme un spectateur.

Le plus inquiétant n'était même plus la feuille de pointage.

C'était l'impression générale qu'il laissait sur la glace.

Les batailles le long des rampes étaient souvent perdues. Les replis défensifs manquaient d'urgence. Les présences devenaient de plus en plus courtes.

Et lorsque la série contre les Hurricanes de la Caroline est devenue une guerre de caractère, de vitesse et de sacrifice, Dach a disparu du portrait.

Martin St-Louis lui-même a fini par envoyer un message.

Quand un entraîneur réduit un joueur à sept, huit ou neuf minutes dans des matchs aussi importants, il ne le fait pas par hasard.

Il le fait parce qu'il ne lui fait plus confiance.

Puis il y a tout le reste.

Le langage corporel.

L'attitude.

Les critiques publiques qui ont commencé à sortir de partout.

Des intervenants très respectés dans le milieu du hockey montréalais ont laissé entendre qu'il existait un malaise beaucoup plus profond qu'une simple mauvaise séquence offensive. On a parlé d'un joueur qui dégage parfois une image de vedette sans avoir encore livré les performances qui accompagnent normalement ce statut.

Ce qui a vraiment fait réagir à Montréal, ce sont les commentaires d’Alain Crête à RDS lors d’une discussion avec Louis Morissette.

Lorsqu’il a lancé que la pire chose qu’on pourrait faire à Kirby Dach serait d’enlever les miroirs du vestiaire, le message était clair : selon lui, Dach donne parfois l’impression de s'aimer beaucoup trop et d’être beaucoup plus préoccupé par lui-même que par ce qu’il apporte réellement à l’équipe.

Louis Morissette n’a pas cherché à tempérer les propos. Au contraire, il a abondé dans le même sens en affirmant que Dach projette souvent l’image d’un joueur qui n’a pas besoin de l’approbation des autres parce qu’il semble déjà très satisfait de lui-même.

Alain Crête, lui, est allé encore plus loin en expliquant que le langage corporel du joueur l’inquiète davantage que ses statistiques. Les retours au banc, les réactions après une erreur, les gestes lorsqu’une présence tourne mal, tout cela envoie selon lui des signaux négatifs.

Maxime Talbot a également embarqué dans la discussion en soulignant qu’un mauvais langage corporel peut devenir contagieux dans un vestiaire.

Selon l’ancien gagnant de la Coupe Stanley, un joueur qui revient constamment au banc avec une attitude fermée, découragée ou détachée finit par aspirer l’énergie du groupe.

Quand tout le monde arrive aux mêmes conclusions en même temps, ce n’est plus seulement une question de production offensive. C'est une question... de poison qui affecte la chambre...

Ce genre de commentaires n'apparaît jamais par accident.

Surtout lorsqu'ils proviennent de gens extrêmement branchés sur l'entourage du Canadien.

Le paradoxe de Kirby Dach est devenu difficile à ignorer.

Tout le monde continue de parler de son potentiel.

Mais à un moment donné, Kent Hughes doit arrêter d'acheter du potentiel et commencer à exiger des résultats.

Le Canadien est rendu là.

C'est précisément pourquoi Edmonton devient un scénario crédible.

Les Oilers adorent les paris à faible risque et à haut potentiel. Ils cherchent constamment des façons d'entourer Connor McDavid et Leon Draisaitl avec des joueurs capables de relancer leur carrière dans un environnement différent.

Dach correspond parfaitement à cette définition.

Son frère fait déjà partie de l'organisation. L'Alberta demeure sa maison. Plusieurs personnes autour de la ligue croient qu'un changement de décor pourrait lui faire énormément de bien.

Et du côté du Canadien, tout indique qu'on préfère maintenant récupérer quelque chose plutôt que de risquer de se retrouver coincé avec une offre qualificative de quatre millions de dollars impossible à justifier.

Voilà pourquoi le bilan de fin de saison est aussi surveillé aujourd'hui.

Tout le monde veut entendre ce que Kent Hughes dira.

Tout le monde veut voir comment Martin St-Louis parlera de lui.

Et surtout, tout le monde veut savoir si Kirby Dach agit comme un joueur qui croit encore avoir un avenir à Montréal.

Ou comme un joueur qui sait déjà que son prochain chapitre s'écrira ailleurs.

Edmonton t'attend Kirby.