Arber Xhekaj a été mis dans la vitrine aujourd'hui à Vegas. C'est clair comme de l'eau de roche.
Il y a des alignements qui ne mentent pas.
Le retour d’Arber Xhekaj dans la formation, au profit d’Adam Engström, n’a rien d’un ajustement technique improvisé par Martin St-Louis.
C’est un geste posé au moment exact où Barry Trotz admet publiquement que les Predators vont devoir bouger, qu’ils cherchent un jeune défenseur ou un jeune attaquant pour enclencher une transformation rendue inévitable.
Voici les propos du DG qui avoue ses objectifs sur le marché des transactions:
«Mon objectif serait probablement d’examiner la possibilité de trouver une situation où je pourrais peut-être faire un changement pour un jeune attaquant ou un défenseur, avec peut-être une autre équipe, et permettre à certains de nos jeunes de monter»
Et c’est aussi, surtout, le moment précis où Pierre LeBrun confirme qu’il existe bel et bien un intérêt réel et prolongé des Canadiens de Montréal pour Ryan O’Reilly, un intérêt qui dépasse la simple curiosité et commence à ressembler à une négociation sérieuse.
Dans un monde où chaque mot d’un directeur général en danger pèse dix fois plus lourd, les propos de Barry Trotz ont eu l’effet d’un coup de tonnerre.
Un homme réputé pour être mesuré, réfléchi, protecteur de son vestiaire, qui décide soudainement de dévoiler son jeu sur le marché des transactions.
Pire encore, il a visé ses vétérans en affirmant que l’effort n’était pas suffisant et que le climat interne l'inquiète au plus haut point.
Quand un DG en arrive à cette étape-là, c’est que la structure est brisée au complet. Trotz savait exactement ce qu’il faisait. Un message clair envoyé à la ligue : Nashville écoute. Nashville attend. Nashville est prêt.
Et Montréal a immédiatement levé la main.
Ce n’est pas un hasard si, pendant que Nashville perd pied de semaine en semaine et s’enfonce dans un fiasco honteux, les recruteurs des Predators ont assisté à pratiquement tous les matchs du Canadien. (trois recruteurs ont de Nashville sont abonnés au Centre Bell et à la Place Bell).
Ce n’est pas un hasard si leurs deux cibles connues dans l’organisation sont précisément un profil de jeune défenseur mobile capable d’être NHL-ready dès maintenant, comme Engström , et un défenseur robuste et déjà établi dans la LNH, comme Arber Xhekaj ou Jayden Struble.
Ce n’est pas un hasard si, en parallèle, Nashville suit de près les développements d’Owen Beck et d’Oliver Kapanen, deux jeunes centres qui pourraient représenter un pari intéressant pour un club qui cherche à se rajeunir et à reconstruire.
Là où tout devient trop parfait pour ne pas être significatif, c’est au moment où Martin St-Louis décide soudainement de remettre Arber Xhekaj dans l’alignement.
Quand on analyse froidement la situation, rien ne justifie ce retour maintenant après la belle performance d'Engström, sauf l’évaluation externe.
On ne parle pas d’un besoin de robustesse urgent. On ne parle pas d’un match où la dimension physique serait décisive. On parle d’un message envoyé au marché : voici Xhekaj. Voici ce qu’il peut faire. Voici ce que vous pourriez obtenir dans une transaction.
Et tout cela se produit alors même que Barry Trotz multiplie les signaux, conscient qu’il n’a plus de marge de manœuvre et que chaque défaite rapproche un peu plus la haute direction d’un congédiement complet.
Si l’on ajoute maintenant l’autre variable clé – la signature de Mike Matheson pour cinq ans, un geste qui sécurise complètement le flanc gauche du top-4 montréalais jusqu’en 2030 , on comprend pourquoi Pierre LeBrun insiste autant pour dire que cette prolongation « ouvre directement la porte à une transaction majeure ».
Matheson, Dobson, Hutson, Guhle et bientôt Reinbacher: la gauche et la droite sont verrouillées pour la prochaine décennie. Cela signifie une seule chose : Montréal peut sacrifier Xhekaj, Struble ou Engström sans déséquilibrer sa structure défensive.
Et dans une ligue où la perception de stabilité change tout, la signature de Matheson vient de fonctionner comme un signal positif envoyé à toutes les équipes : Montréal est prêt à bouger.
Le dossier Ryan O’Reilly devient alors logique. Ce n’est plus un fantasme, ni un nom balancé machinalement par un insider.
C’est un joueur que Kent Hughes veut, parce qu’il correspond exactement à ce qui manque au Canadien : un centre d’expérience, capable de gagner des mises en jeu dans les moments critiques, champion de la Coupe Stanley, capable d’être un pilier pour Demidov, Slafkovsky et même Suzuki qui n’a plus besoin de porter seul le leadership offensif.
Et ce n’est pas tout : O’Reilly aime clairement les marchés canadiens. Ce n’est un secret pour personne qu’il respecte profondément Martin St-Louis.
Et surtout, comme l’a dit Trotz, « il y a trop de respect envers Ryan O’Reilly pour l’envoyer n’importe où ». Tout le monde dans la ligue sait que si Nashville échange O’Reilly, ce sera dans un marché qu’il approuvera, dans un environnement où il pourra réellement retrouver sa valeur. Montréal fait partie de ces destinations.
La question devient donc : Montréal peut-il payer le prix demandé, soit un choix de première ronde et un espoir de catégorie A ?
La réponse est simple : oui.
La vraie question est : Montréal veut-il sacrifier un de ses prodiges comme Reinbacher, Hage, Fowler ou Zharovsky ?
La réponse est catégorique : non.
C’est ici que les pistes deviennent évidentes. Le choix de première ronde 2026 protégé est déjà sur la table. Il ne manque qu’un nom. Et si Nashville est sérieux lorsqu’il affirme vouloir un jeune défenseur ou un jeune attaquant, Montréal sait que l’offre devra tourner autour d’Engström ou de Xhekaj, deux options que le Canadien peut se permettre, mais pas sans réfléchir.
Le fait que Xhekaj soit réinséré pendant qu’Engström saute ne peut plus être interprété autrement qu’une mise en vitrine calculée, exactement au moment où le DG des Predators admet publiquement que les négociations avec plusieurs équipes, dont Montréal, existent bel et bien.
Une organisation en crise.
Un DG menacé de congédiement.
Un joueur étoile frustré.
Un centre parfait pour le CH.
Un alignement modifié au moment exact où les regards de Nashville sont posés sur Montréal.
Et un marché montréalais qui exige un 2e centre:
Tous les signes pointent vers la même conclusion :
Montréal et Nashville sont plus proches que jamais d’une transaction majeure.
