Samuel Blais vient d’ouvrir la tombe des frères Xhekaj.
Pendant que le Canadien se faisait humilier 7-2 par l’Avalanche du Colorado, dans un match où Florian Xhekaj a été invisible et où Arber Xhekaj a connu l’un des pires effondrements de sa jeune carrière, un tout autre scénario, diamétralement opposé, se déroulait à près de 3000 kilomètres de là : à Lehigh Valley, Samuel Blais dynamitait la Ligue américaine avec deux buts, une présence dominante et le but vainqueur en fusillade. (victoire de 5-4)
Une performance éclatante, bruyante, assumée. Le genre de performance qui force un rappel. Le genre de performance qui met une pression directe sur un joueur du grand club.
Le genre de performance qui enterre un rêve, surtout quand ce rêve repose sur des bases aussi fragiles que celles des frères Xhekaj.
Car la vérité est là, brutale, sans fard : le conte de fées des frères Xhekaj est en train de se transformer en cauchemar.
Pendant que Blais portait le Rocket sur son dos, Florian disparaissait complètement du radar dans le massacre subi par le CH.
On a beau dire qu’il est jeune, qu’il apprend, qu’il amène de l’énergie : la réalité, c’est qu’il n’a absolument rien créé, rien influencé, rien changé.
Un rôle effacé, transparent, qui aurait déjà mené à une exclusion de l’alignement…
Pour ce qui est d'Arber, avant qu'il ne s'effondre sous nos yeux, si Jayden Struble n’avait pas été blessé au haut du corps, il aurait été dans les gradins.
Et à peine revient-on à Struble que la question se pose : où places-tu Florian maintenant que Blais frappe à la porte?
Parce que Blais, lui, a envoyé un message clair :
« Je veux ma place à Montréal. Et je vais la reprendre. »
Et Martin St-Louis, qui cherche du poids, de l’expérience, et du hockey responsable, n’attend que ça pour l’insérer dans sa formation.
Pendant ce temps-là, le vrai drame se jouait à Denver, où Arber Xhekaj s’est littéralement effondré. Pas seulement une mauvaise présence. Pas seulement une erreur. Non, un effondrement complet.
Une soirée où il a été constamment ciblé, constamment débordé, constamment une seconde en retard. Une soirée où chaque attaque de l’Avalanche semblait foncer directement sur lui, comme si l’équipe adverse savait parfaitement où se trouvait la faille.
Et ce n’est pas un hasard : les équipes le ciblent désormais.
Les analystes le ciblent.
Les commentateurs québécois, canadiens et américains le ciblent.
Et même son propre entraîneur ne le protège plus.
Parce que la vérité est implacable : Arber Xhekaj a déjà perdu sa chaise.
Adam Engström, avec un seul match, un seul, l’a tassé.
Jayden Struble, avant sa blessure, l’avait tassé.
Et maintenant, Samuel Blais arrive pour tasser Florian.
La famille Xhekaj au grand complet est en train de perdre le terrain qu’elle croyait avoir consolidé.
Les deux frères sont en train de glisser vers la sortie.
Et sur les réseaux sociaux, depuis l’effondrement d’Arber, c’est un véritable feu de forêt : des séquences vidéo virales, des critiques assassines, des reprises image par image de ses erreurs défensives, des montages comiques venant même du réseau régional du Colorado. I
Imagine l’humiliation : des commentateurs américains qui se moquent de ses lectures défensives, qui rient de ses reculs, qui s’étonnent de ses angles de couverture. Ce n’est plus une critique. C’est un désastre.
Et pendant ce temps, au même moment exact, Samuel Blais déroule sa meilleure performance depuis des mois, marque deux fois, transporte le Rocket, et scelle la soirée en fusillade. Une performance qui n’a rien de discrète. Une performance qui crève l’écran. Une performance qui change des destins.
Parce qu’il faut être aveugle pour ne pas comprendre ce qui s’en vient.
Lorsque le Canadien reviendra à Montréal après ce voyage dans l’Ouest, il devra réduire son alignement à 12 attaquants et 6 défenseurs. C’est la règle maison. C’est la tradition de l’organisation. Et ce moment-là, tout le monde le sait, va être une boucherie.
Il y aura des victimes.
I
l y aura des rétrogradations.
Il y aura des décisions qui ne feront pas plaisir.
Et les deux premiers sur la liste, ce sont Florian et Arber Xhekaj.
Florian, parce que Blais arrive.
Arber, parce qu’il n’a plus aucune stabilité, aucune confiance, aucune marge de manœuvre avec un Martin St-Louis qui n'est pas capable de le supporter.
La ligue entière murmure qu’Arber Xhekaj sera probablement échangé d’ici l’été. Les rumeurs se multiplient. Les discussions s’intensifient. Les dépisteurs adverses le surveillent, non pas parce qu’il domine, mais parce qu’ils veulent savoir s’ils peuvent l’acheter en bas prix.
On parle déjà de Chicago, de Philadelphia, de Boston, de Long Island et même de Nashville. Des équipes qui veulent du muscle, pas du hockey réfléchi. Le Canadien, lui, commence à comprendre qu’il n’a peut-être plus rien à faire avec lui.
Et pendant tout ce temps, la chute, elle, continue.
C’est ça la vérité. C’est ça le malaise.
Ce qui était présenté comme un conte de fées, deux frères dans la même équipe, deux parcours improbables, deux histoires de cœur, se transforme en fiasco familial. Le public commence à le voir. La direction le voit. Et la LNH, elle, ne fait pas de cadeaux.
Les Xhekaj sont en train de perdre tout ce qu’ils avaient gagné.
Et Samuel Blais, sans le vouloir, vient d’être celui qui précipite leur chute.
