Parfois, tu perds un duel. D'autres fois, tu perds un match.
Et il y a des après-midis comme celui que vient de vivre Arber Xhekaj au Colorado, où un joueur perd quelque chose de beaucoup plus grave : sa crédibilité professionnelle, le regard de ses propres entraîneurs… et, surtout, la dernière parcelle de confiance que les partisans avaient encore envers lui.
Ce qui s’est passé aujourd'hui dépasse largement le cadre d’une mauvaise soirée au bureau. C’est un effondrement public sur la glace. Une humiliation à ciel ouvert. Une représentation chirurgicale de tout ce qui ne fonctionne plus chez lui.
Et la façon dont les analystes, les commentateurs, les fans, même ceux hors du marché de Montréal, se sont jetés sur lui comme sur une proie facile.
Nous assistons en direct au début de la fin.
Tout a commencé avec une simple publication, mais un message cinglant qui frappe comme un uppercut direct au menton, signé Anthony Martineau de TVA Sports, l’un des journalistes les plus suivis du marché.
Ce n’était pas une critique polie ou diplomatique. C’était condamnation. Une brûlure marqué au fer rouge. Il écrit :
« Je n’ai pas aimé comment Arber Xhekaj s’est comporté sur les 2 buts. Recule éternellement et laisse un immense gap… Échappe son gars sur le 2e. J’attends votre colère. »
Ce n’est pas seulement ce qu’il dit. C’est ce que ça sous-entend : Il n’est plus défendable.
Et quand Martineau dit qu’il “attend la colère”, c’est parce qu’il sait que le public ne le défendra plus. Ce n’est plus un débat. C’est une attaque personnelle.
Cela confirme que Xhekaj ressemble à un défenseur de la Ligue américaine. Ce gars-là n’est pas fait pour jouer top-6 dans la LNH.
Ceux qui connaissent Martineau savent qu’il ne s’avance jamais gratuitement de cette façon. Lorsqu’il lance une critique d’une telle dureté, c’est qu’il sent que la réputation du pauvre shérif est au fond du trou.
Il ne fait que nommer ce que tout le monde murmure. Et en effet, depuis ce commentaire, les réseaux sociaux se sont transformés en champ de tir.
Les séquences de Xhekaj ont tourné en boucle, disséquées image par image, chaque pas hésitant, chaque recul inutile, chaque mauvaise lecture devenant la preuve que le joueur n’a plus sa place dans la hiérarchie du club.
Surtout, alors que le CH se fait défoncer au score (défaite de 7-2), Xhekaj ne pense même pas changer le momentum en jetant les gans. Le pauvre... joue avec la peur au ventre...
Mais le plus cruel dans l’affaire, c’est que la vague ne s’est pas arrêtée à Montréal.
Elle s’est déplacée.
Elle a traversé les frontières.
Les commentateurs du réseau régional du Colorado, pendant le match, se sont carrément mis à rire des décisions défensives d’Arber Xhekaj. Chaque fois qu’un attaquant de l’Avalanche traversait sa ligne bleue comme si elle était ouverte 24/7, ils revenaient à la même observation :
« Pourquoi ce gars toujours deux pas en-arrière ? »
« Ça, c'est un défenseur de la LNH ? »
« Il est tout perdu. »
Quand un joueur devient un running gag sur un feed américain, c’est que la situation est plus grave qu’on veut bien l’admettre.
Et pendant que la honte se répandait comme une traînée de poudre, une vérité brutale est apparue : la valeur marchande d’Arber Xhekaj est en train de s’effondrer sous nos yeux.
Kent Hughes le sait. Toute la ligue le sait. Même les partisans commencent à l’accepter.
Il n’y a pas si longtemps, le CH tentait de bâtir des scénarios audacieux autour de Xhekaj. On raconte que Kent Hughes, dans une tentative d’aller chercher un leader vétéran au centre de l’alignement, avait sondé le marché pour voir s’il pouvait bâtir un paquet incluant Arber Xhekaj + un choix de première ronde pour tenter d’obtenir Ryan O’Reilly.
L’idée n’a pas avancé. Nashville n’était pas intéressé. Les Predators aimeraient bien mieux Adam Engström dans le "package deal".
Et aujourd’hui, il est clair que ce même paquet ne passerait même plus l’étape de la discussion. Ce n’est plus un secret : Xhekaj ne vaut plus grand-chose. Peut-être même rien du tout en termes d'actif hockey.
Et le malaise grandit encore plus lorsqu’on observe la réalité froide de sa situation. Il n’est plus seulement sous-utilisé. Il est évité. Pire.. il est caché.
Le pauvre a joué 7 minutes après deux périodes. Et s'est arrangé pour être à -2... directement responsable de l'effondrement du CH sur la glace.
Les entraîneurs le protègent comme on protège une faiblesse.
Les adversaires l’attaquent comme on attaque un maillon faible.
Les fans le jugent comme un joueur djà "has been".
Le shérif déchu.
Et les analystes le décrivent comme un défenseur AHL qui s’est retrouvé dans un rôle trop gros pour lui.
Ce qui est en train d'arriver, c’est la dislocation psychologique d’un joueur qui vivait déjà sur la corde raide.
Il voit Struble lui passer devant. Et même quand ce dernier est blessé au haut du corps et doit s'absenter, on voit encore plus à quel point Xhekaj est mauvais.
Arber n'était pas supposé jouer cet après-midi. Parions qu'en ce moment, il aurait parié pour être dans les estrades. Maintenant, tout le monde sait à quel point il n'est pas de calibre.
Il voit Engström débarquer et gagner la confiance du coach aussitôt. Le Suédois est le seul défenseur qui n'est pas dans le différentiel négatif dans cette dégelée.
Il voit Guhle revenir bientôt.
Il voit les minutes fondre.
Il voit St-Louis éviter les questions sur lui tellement le malaise est énorme.
Il voit les rumeurs de transactions enfler.
Et maintenant, il voit le public virer contre lui.
C’est plus qu’une mauvaise passe.
C’est un naufrage.
La tragédie dans tout ça, c’est que Xhekaj avait tout pour être un chouchou éternel du public : un bagarreur spectaculaire, un gars sorti de nulle part, un ancien employé du Costco, un symbole de courage une histoire que Montréal adore.
Mais l’histoire vient d’entrer dans son chapitre le plus sombre, où chaque erreur devient une preuve supplémentaire que la LNH est peut-être trop rapide pour lui, trop structurée, trop exigeante dans ses lectures défensives.
Et si la question, aujourd’hui, n’était plus :
« Peut-il redevenir bon? »
mais plutôt :
« Peut-il encore jouer dans la LNH?»
La vérité, c’est que plus personne ne sait quoi faire avec Arber Xhekaj. Il est devenu le punching bag de l’opinion.
Quand même TVA Sports te ramasse publiquement... tu es dans le trouble...
