Le simple fait que le nom de John Chayka circule aujourd’hui comme favori pour devenir directeur général des Maple Leafs de Toronto en dit long sur l’état de panique absolu qui règne dans cette organisation.
On parle quand même d’un homme qui a quitté les Coyotes de l’Arizona dans le chaos le plus total. Un dirigeant suspendu par la LNH, accusé d’avoir tenté de contourner les règles, qui a laissé derrière lui une organisation brûlée, sans profondeur, sans vision claire et sans véritable fondation.
Et c’est ce tricheur que Toronto regarderait aujourd’hui comme le sauveur potentiel de la concession la plus médiatisée du hockey.
C’est presque irréel.
Oui, Chayka était vu comme un génie des statistiques avancées lorsqu’il est arrivé en Arizona à seulement 26 ans.
À l’époque, plusieurs voyaient en lui le futur de la LNH. Le jeune prodige. Le cerveau analytique capable de révolutionner la façon de bâtir une équipe. Sauf que dans la vraie vie, gérer une concession de hockey ne se résume pas à des tableurs Excel et à des modèles mathématiques.
Et surtout, le problème dépasse largement les résultats.
Le malaise vient du fait que la LNH elle-même a dû intervenir contre lui.
Pendant la pandémie, alors que les règles entourant l’évaluation des espoirs étaient extrêmement strictes, les Coyotes ont été reconnus coupables d’avoir organisé des séances de tests physiques illégales avec des jeunes admissibles au repêchage.
La ligue a jugé que l’organisation cherchait à obtenir un avantage injuste sur les autres équipes.
Résultat?
Les Coyotes ont perdu un choix de première ronde et un choix de deuxième ronde.
Une sanction extrêmement rare et extrêmement sévère.
Et au centre de toute cette histoire-là, il y avait Chayka.
Comme si ce n’était pas assez, il a ensuite quitté l’organisation dans un autre nuage toxique après avoir discuté avec les Devils du New Jersey alors qu’il était toujours sous contrat en Arizona. Encore là, la LNH a dû intervenir. Encore là, ça s’est terminé en controverse.
Et aujourd’hui, les Maple Leafs songeraient sérieusement à remettre les clés de leur reconstruction à ce même dirigeant.
C’est ça qui choque énormément de gens dans le milieu.
Parce qu’on parle d’une organisation qui vient déjà de vivre un désastre complet avec Brad Treliving. Un DG qui a vidé les choix de première ronde du club pour aller chercher des joueurs de soutien comme Scott Laughton et Brandon Carlo pendant que l’équipe s’effondrait tranquillement.
Toronto est déjà au bord du précipice.
Le club n’a pratiquement plus d’espoirs élites.
Le noyau vieillit.
Le futur d’Auston Matthews alimente les rumeurs partout dans la ligue.
Et maintenant, la solution envisagée serait un ancien dirigeant suspendu par la LNH?
Même l’idée de voir Mats Sundin agir comme vice-président hockey dans cette structure ajoute une couche étrange au dossier.
Sundin est respecté partout. Son nom est pratiquement sacré à Toronto. Le voir potentiellement associé à une administration dirigée par Chayka crée un contraste énorme.
Parce qu’au final, le débat n’est même plus seulement hockey.
Le débat devient moral.
Quel message envoie une organisation quand elle décide qu’un dirigeant ayant laissé derrière lui autant de controverses représente la meilleure option disponible?
Et le plus honteux dans tout ça, c’est que Chayka était censé représenter le futur du hockey moderne en Arizona. Dix ans plus tard, les Coyotes n’existent même plus. L’équipe a déménagé en Utah après des années de catatsrophe sportive, de mauvaises décisions et de reconstructions ratées.
Oui, certains choix de repêchage ont fonctionné. Clayton Keller (7e en 2016) et Jakob Chychrun (16e, 2016) sont devenus de vrais joueurs de la LNH.
Mais pour chaque réussite, il y a eu une série de décisions catastrophiques.
En 2017, alors que les Coyotes étaient encore en pleine reconstruction, Chayka a décidé de sacrifier le 7e choix au total pour aller chercher le vétéran Derek Stepan et le gardien Antti Raanta chez les Rangers de New York.
Les Coyotes auraient pu repêcher:
Nick Suzuki.
Martin Necas.
Gabriel Vilardi.
Owen Tippett.
Arizona a brûlé un choix top 10 pour accélérer artificiellement une reconstruction qui n’était même pas proche d’être terminée.
Malaisant. Car ce scénario ressemble énormément à ce que les Maple Leafs viennent justement de vivre avec Brad Treliving.
Puis arrive probablement la transaction la plus déastreuse de toute son administration : le pari Taylor Hall.
En 2019-2020, Chayka croyait que les Coyotes étaient prêts à faire un grand pas. Il a alors envoyé un énorme package aux Devils du New Jersey pour obtenir Taylor Hall.
Le prix?
Un choix de première ronde.
Un choix de deuxième ronde.
Et le jeune défenseur Kevin Bahl.
Le premier choix est finalement devenu Dawson Mercer, aujourd’hui un excellent jeune attaquant top-6 chez les Devils.
Et Hall?
Quelques mois plus tard, il quittait.
Les Coyotes ont vidé des actifs majeurs pour une location temporaire alors qu’ils n’étaient même pas une vraie équipe aspirante.
Le résultat final de l’ère Chayka est brutal.
Le choix de Barrett Hayton devant Quinn Hughes et Noah Dobson.
Victor Söderström devant Cole Caufield et Matthew Boldy.
Et malgré toute cette obsession pour les statistiques avancées et les modèles analytiques, les Coyotes n’ont jamais terminé parmi les vraies puissances de l’Ouest sous sa direction. Toujours dans les boms derniers.
Toronto semble tellement désespéré qu’on dirait que le club est prêt à ignorer tous les drapeaux rouges simplement parce qu’il cherche une nouvelle identité.
Ça sent le flop à plein nez...
