Altercation physique et coup de bâton dans l'oeil: Jakub Dobeš touche Lindy Ruff

Altercation physique et coup de bâton dans l'oeil: Jakub Dobeš touche Lindy Ruff

Par David Garel le 2026-05-10

Pendant quelques jours, plusieurs ont trouvé ça étrange. Pourquoi Lindy Ruff semblait autant obsédé par Jakub Dobeš?

Pourquoi il revenait constamment sur ses coups de bâton après les sifflets? Pourquoi, au lieu de parler uniquement des ajustements de ses Sabres de Buffalo, il semblait presque personnellement irrité par le gardien du Canadien de Montréal?

Plusieurs y voyaient simplement de la frustration après une correction de 5-1. D’autres pensaient à un simple jeu psychologique pour influencer les arbitres avant le troisième match.

Mais en fouillant un peu dans le passé de Ruff, on réalise qu’il y a peut-être une raison beaucoup plus profonde derrière toute cette histoire.

On vient de comprendre d’où vient cette obsession presque personnelle envers Jakub Dobeš et ses coups de bâton.

Pourquoi ça semble autant le déranger.

Pourquoi il a ressenti le besoin d’en parler publiquement.

Pourquoi, après le deuxième match, il avait l’air plus irrité par le tempérament du gardien du Canadien que par le fait que son équipe venait de se faire humilier 5-1.

En tant que jeune recrue des Sabres de Buffalo, Lindy Ruff avait lui-même vécu une scène devenue célèbre avec un gardien complètement fou furieux : Billy Smith.

Le gardien surnommé « l’Homme à la hache » et « Billy le bagarreur », reconnu partout dans la LNH pour ses coups de bâton, ses crises de colère et sa façon de transformer son demi-cercle en véritable zone de guerre.

Un gardien qui distribuait des doubles-échecs, lançait des coups de bâton à la tête et qui n’hésitait jamais à régler ses comptes lui-même.

Le 10 mai 1980, pendant les demi-finales de la Coupe Stanley entre les Sabres et les Islanders, Ruff a eu un avant-goût brutal du personnage.

Billy Smith a frappé Ruff au visage, près de l’œil, avec son bâton lors d’une altercation devant le filet. Ruff, furieux, lui avait sauté dessus immédiatement.

Voici la vidéo qui donne des frissons dans le dos:

À ce moment, les gardiens n’étaient pas protégés comme aujourd’hui. Smith jouait avec un masque rudimentaire, presque intimidant, et surtout avec une réputation capable de faire réfléchir n’importe qui avant de s’approcher du filet.

Billy Smith ne négociait pas.

Tu t’approchais de sa peinture? Il te frappait.

Tu le dérangeais après un sifflet? Il te frappait.

Tu regardais un peu trop longtemps dans sa direction? Il pouvait te frapper pareil.

Dans toute l’histoire de la LNH, seulement Ron Hextall a accumulé plus de minutes de pénalité qu’un Billy Smith qui terrorisait littéralement les joueurs adverses.

Lindy Ruff a donc grandi hockey comme joueur en affrontant exactement ce type de gardien.

Un gardien provocateur.

Un gardien qui cherchait volontairement à entrer dans la tête de l’adversaire.

Un gardien qui donnait des coups de bâton en sachant parfaitement ce qu’il faisait.

Alors quand Ruff voit aujourd’hui Jakub Dobeš distribuer des petits coups à Zach Benson ou envoyer valser des bâtons sur la glace après le sifflet, difficile de ne pas penser qu’il voit un vieux film rejouer devant ses yeux. Ça le

Ça le touche directement.

Au fond, ça le dérange encore plus parce qu’il reconnaît le pattern, lui qui a perdu la tête en tant que recrue face à ce gardien bûcheron.

Après le deuxième match, Ruff ne s’était d’ailleurs même pas caché.

Il avait clairement envoyé un message aux arbitres: ça doit arrêter.

Il était même allé jusqu’à dire que si Dobeš était son gardien, lui, il lui demanderait de calmer le jeu.

Martin St-Louis, lui, avait répondu avec un calme presque insolent :

« Tout ce qu’il fait, c’est compétitionner. Je ne pense pas trop à ce qu’il fait sur la patinoire. Je le laisse aller et être lui-même. »

Aucune chance que le coach du CH change quoi que ce soit.

On dirait presque que Ruff est en train de revivre son propre passé.

Comme si Jakub Dobeš réveillait un vieux traumatisme hockey.

Comme si Billy Smith venait de réapparaître… mais cette fois, avec un chandail des Canadiens de Montréal.

Quand un entraîneur adverse commence à parler plus du gardien rival que de ses propres ajustements tactiques, ça veut souvent dire une chose.

Le gardien est déjà profondément entré dans sa tête.

Amen.