On vous avait averti. On vous l’avait dit alors que les négociations entre Zachary Bolduc et le Canadien de Montréal s’éternisaient : le dossier allait finir par se jouer sur la durée et sur le prix à payer pour acheter les années de contrôle du jeune attaquant québécois.
Le clan Bolduc voulait beaucoup plus. Il voulait notamment un contrat de six ans à 5,5 millions de dollars par saison, soit une entente de 33 millions de dollars au total.
Le Canadien, lui, refusait de lui donner ce genre de sécurité financière à long terme. Et finalement, après des semaines de bras de fer, Bolduc a plié.
Il signe finalement pour quatre ans à 4,2 millions de dollars par saison, une entente de 16,8 millions de dollars. Exactement le compromis que nous vous avions annoncé comme scénario. (on avait prédit 16 millions de dollars étalés sur 4 ans).
Mais même si Bolduc est allé chercher un 200 000 dollars de plus par année, il a perdu sur toute la ligne.
Pat Brisson s'est fait avoir.
Pendant que Zachary Bolduc négociait avec le Canadien, Montréal est allé chercher Chris Kreider pour une saison à 2,15 millions de dollars.
Mais son contrat contient également des bonis de performance qui peuvent faire grimper considérablement le montant qu’il touchera s’il atteint certains objectifs.
Il empochera 2 millions supplémentaires s'il joue un minimum de 10 matchs.
Il empochera 250 000 dollars à chaque tranche de 10 buts. (10-20-30).
Et il empochera 500 000 dollars s'il atteint 40 buts.
Kreider avait déjà reçu 1 million de dollars des Ducks d’Anaheim en prime de signature sur son ancien contrat.
Le vétéran a déjà volé la place de Bolduc dans la hiérarchie des ailiers gauches. Et il va empocher plus d'argent que lui cette saison... à 35 ans...
Ouch.
Avant Kreider, Bolduc pouvait encore se dire qu’il avait une certaine marge de manœuvre. Il pouvait regarder sa situation, regarder son potentiel, regarder le plafond salarial qui continue de grimper et se dire :
« Si Montréal me veut vraiment pour plusieurs années, il faudra payer. »
C’est exactement la logique qui expliquait une demande autour de 5,5 millions par saison sur six ans. (le clan Bolduc voulait le même contrat que Mavrik Bourque).
Dans la tête de Brisson et Bolduc, six ans, c’était une énorme concession pour un jeune joueur. Tu abandonnes plusieurs années de marché potentiel, tu donnes à ton équipe une sécurité considérable et tu acceptes de ne pas retourner rapidement négocier un contrat beaucoup plus lucratif si ta progression explose. En échange, tu veux évidemment être payé comme un joueur qui prend ce risque.
Sauf que le Canadien a envoyé un message très clair : il n’était pas prêt à payer ce prix-là. Et pendant que les discussions traînaient, Kent Hughes a ajouté une nouvelle pièce au casse-tête.
Chris Kreider est arrivé. Un vétéran imposant, expérimenté, capable de jouer dans le top-6, capable de produire, capable de jouer en avantage numérique et surtout capable de prendre des minutes offensives. Et soudainement, Bolduc n’était plus dans la même position pour négocier.
Il s'est couché.
C’est là que le fameux quatre ans à 4,2 millions devient amer dans la bouche du Québécois.
Sur six ans à 5,5 millions, Bolduc aurait sécurisé 33 millions de dollars. Avec sa nouvelle entente, il empoche 16,8 millions sur quatre ans. La différence est gigantesque : 16,2 millions de dollars de valeur contractuelle entre les deux scénarios et une maigre différence de 2 ans.
Et voilà que Bolduc va sécher sur le 3e ou 4e trio, ce qui va faire baisser encore plus sa valeur en vue de son nouveau contrat dans 4 ans.
Le Canadien a donc démontré qu’il était prêt à ajouter un attaquant capable de lui faire concurrence plutôt que de simplement céder aux exigences salariales de son jeune joueur.
Dans ses dents.
C’est une stratégie de négociation digne de requins.
Kent Hughes et Jeff Gorton sont sans pitié.
Chris Kreider est le facteur qui a accéléré la capitulation. Bolduc a paniqué uniquement à cause de cette signature.
Pat Brisson doit avoir envie de tout casser. Rarement l'agent perd une bagarre.
Et dans ce dossier, il s'est fait défoncer.
