Air bête: Martin St-Louis ne respecte pas les journalistes

Air bête: Martin St-Louis ne respecte pas les journalistes

Par David Garel le 2026-05-08

Martin St-Louis n’avait clairement pas envie de faire dans la dentelle avant le match.

Encore une fois, on l’a senti impatient devant les journalistes. Réponses courtes. Ton sec. Aucun détour. Aucun grand discours.

Chez Martin St-Louis, tout tournait autour d’un seul mot : avancer.

Quand on lui a demandé si son premier trio essayait parfois d’en faire trop offensivement, surtout avec des présences qui s’étiraient souvent au-delà d’une minute, il n’a pas commencé à analyser pendant cinq minutes.

« Ils ont de la volonté. Ils veulent faire la différence. Je ne les blâme pas pour ça. »

Terminé.

Même chose quand on lui a demandé si un trio aussi dominant depuis plus d’un an devait être capable de trouver lui-même des solutions.

« Oui, c’est sûr. Mais ce n’est pas juste eux. On est cinq sur la glace. Offensivement, on peut faire un meilleur travail ensemble, les cinq. »

St-Louis revenait constamment au collectif, presque comme s’il refusait complètement de pointer Cole Caufield ou Nick Suzuki publiquement malgré toute la pression actuelle.

Même quand les questions tournaient autour d’Ivan Demidov, il répondait immédiatement avec une admiration presque froide.

« Ce qui m’impressionne de Demi, c’est son engagement défensif, sa combativité pour un jeune joueur, tout en essayant de produire. Il ne laisse pas ces actions-là tomber. »

Aucune émotion exagérée. Aucun détour. Juste une réponse directe.

Puis quand un journaliste lui a demandé quel était l’état d’esprit du groupe avant le match numéro deux, la réponse a encore été ultra sèche :

« Compétitionner. Aller jouer. »

En anglais, il avait simplement lancé :

« Compete. Go play. »

Pas de discours dramatique. Pas de tentative de vendre de l’espoir.

Même chose quand on lui a demandé comment son jeune groupe réussissait à tourner la page aussi rapidement après les défaites.

« On est ensemble depuis quatre ans maintenant. On est très axés sur le processus. Que l’on gagne ou qu’on perde, on tourne toujours la page. »

Et quand les journalistes ont tenté de l’amener sur Lane Hutson et sa tendance à toujours se blâmer après une erreur, St-Louis a encore répondu sans filtre.

« Je ne déteste pas ça. C’est un compétiteur. Il a faim. Il est passionné. »

Puis quand on lui a demandé ce qui ressortait le plus dans la façon dont Hutson répondait à ses erreurs :

« Tu peux toujours compter sur Lane. »

Cinq mots.

Point final.

Même le fait d’être en retard dans une série pour la première fois des séries éliminatoires n’a pas semblé l’émouvoir.

« Ça ne change rien. Il faut se concentrer sur le match. Si on menait 1-0, ça ne changerait rien non plus. Nos pieds sont ici aujourd’hui. On a un match ce soir. »

Encore une fois : aucune panique. Aucune montée émotive.

Et quand est venue la question sur les ajustements rapides entre deux matchs sans entraînement complet, il a pratiquement résumé toute sa méthode de coaching en trois mots :

« Avec du vidéo. Des conversations. C’est plus ça. »

Martin St-Louis passe peut-être pour un coach extrêmement calme publiquement.

Mais en ce moment, on sent aussi un homme qui n’a plus beaucoup de patience pour le cirque médiatique autour de son équipe.

Plus les séries avancent, plus Martin St-Louis donne l’impression d’un homme complètement tanné des médias.

On dirait presque qu’il coupe les questions avant même qu’elles soient terminées. Comme s'il ne respectait aucunement les journalistes.

Comme s'il méprisait leur métier.

Le contraste avec un coach comme Lindy Ruff aute aux yeux.

Ruff aime jouer avec les médias, raconter des histoires, détendre l’atmosphère. Martin St-Louis, lui, agit de plus en plus comme un homme qui veut simplement retourner dans sa salle vidéo et fermer la porte.

Et en ce moment, avec toute la pression autour de Cole Caufield, du premier trio et des ajustements contre Buffalo, il donne surtout l’impression d’un coach qui protège son vestiaire… mais qui n’a plus aucune patience pour le bruit extérieur.

Bête un jour, bête toujours.

Grand coach. Être humain désagréable.