Le cas de Jesperi Kotkaniemi est devenu une honte publique. Et aujourd’hui, rendu à 25 ans, ce n’est plus seulement une déception : c’est un symbole.
Un symbole d’échec… mais aussi, ironiquement, un tournant qui a changé le destin des Canadiens de Montréal.
Mardi soir, pendant que les jeunes talents du club faisaient lever le Centre Bell, Jesperi Kotkaniemi, lui, regardait le match du haut de la tribune de presse.
Rayé de l’alignement pour une 34e fois cette saison, avec une production famélique de deux buts et neuf points en 37 matchs, il n’est plus un projet. Il n’est plus une option. Il est devenu un dossier à régler.
Et à Montréal, la réaction est révélatrice : personne ne s’indigne. Personne ne s’émeut. On hausse les épaules.
Le pire choix… qui a tout changé...
Comme l’a très bien résumé Mathias Brunet, Kotkaniemi s’inscrit aujourd’hui comme l’un des pires choix de repêchage de l’histoire moderne du Canadien, compte tenu de son rang. Troisième au total en 2018, devant des joueurs comme Brady Tkachuk et Quinn Hughes, il devait devenir le centre numéro un de l’avenir.
Ce ne sera jamais arrivé.
Mais là où le dossier devient fascinant, c’est que cet échec monumental a indirectement sauvé l’organisation.
Rondelle libre | Une reconstruction née du fiasco Kotkaniemi https://t.co/Q8TgTtQBQQ
— La Presse Sports (@LaPresse_Sports) March 25, 2026
Parce que sans Kotkaniemi, sans cette erreur, sans cette stagnation, le Canadien n’aurait peut-être jamais touché le fond. Et sans ce fond, pas de reconstruction. Pas de virage. Pas de nouvelle administration. Pas de repêchages élevés.
Aujourd’hui, pendant que Kotkaniemi s’enfonce dans l’oubli, Montréal regarde Ivan Demidov et Juraj Slafkovskýprendre le relais. Deux jeunes joueurs repêchés dans le top 5… rendus possibles par les années difficiles qui ont suivi l’échec Kotkaniemi.
C’est là que le paradoxe frappe :
le flop de Kotkaniemi est devenu un levier.
Une chute sportive… et humaine...
Parce qu’au-delà du repêchage, il y a le joueur. Et la réalité est dure.
Kotkaniemi n’a jamais réussi à suivre la cadence de la LNH. Ni physiquement. Ni mentalement. Ni dans ses habitudes professionnelles. À Montréal, on parlait déjà d’un joueur qui devait être encadré, guidé, presque protégé.
En Caroline, cette réalité est revenue de plein fouet.
Son implication a été remise en question. Son rythme aussi. Et surtout, son autonomie. Il est reconnu dans le milieu comme un joueur très proche de sa famille, particulièrement de sa mère, qui a longtemps joué un rôle important dans son quotidien.
Il n’y a rien de mal à ça. Mais dans un environnement comme la LNH, où chaque détail compte — nutrition, préparation, récupération — les joueurs doivent devenir responsables d’eux-mêmes. Et dans son cas, cette transition ne semble jamais avoir été complètement faite.
Résultat : pendant que d’autres progressent, lui stagne. Et quand tu stagnes dans cette ligue… tu recules.
Le traitement de l’indésirable
Aujourd’hui, le message envoyé par les Hurricanes est limpide.
Kotkaniemi est utilisé comme joueur de surplus.
Il est laissé de côté match après match.
Il a même été vu à l’entraînement dans des rôles qui ne correspondent pas à sa position naturelle, simplement pour combler des exercices.
Ce n’est plus du développement.
Ce n’est même plus de la gestion.
C’est une mise à l’écart organisée.
Dans la LNH, il existe une ligne invisible. Quand tu la franchis, tu passes de joueur en difficulté à joueur dont on veut se débarrasser. Et Kotkaniemi, aujourd’hui, est clairement de ce côté-là.
Le couperet du rachat
Et c’est là que le dossier devient encore plus cruel.
Parce que le timing est terrible pour lui.
À l’été 2026, les Hurricanes auront une fenêtre parfaite pour agir. Kotkaniemi aura encore 25 ans au 30 juin, ce qui signifie que son contrat pourra être racheté à un tiers de sa valeur restante — et non aux deux tiers.
Il restera alors quatre saisons à son entente, pour un total d’environ 19,3 millions de dollars.
Un rachat à ce moment-là coûterait environ 6,4 millions, étalés sur huit ans.
Pour la Caroline, c’est une décision logique.
Pour Kotkaniemi, c’est une claque monumentale.
Parce que ça veut dire une chose :
il va perdre des millions… et possiblement sa place dans la LNH.
Un joueur devenu secondaire… dans une ligue qui avance
Ce qui rend la situation encore plus dure, c’est la vitesse à laquelle la ligue évolue.
Pendant que Kotkaniemi recule, une nouvelle génération arrive. Plus rapide. Plus préparée. Plus complète. Des joueurs qui, dès 20 ans, comprennent déjà ce que ça prend pour survivre dans la LNH.
Et pendant ce temps, lui est encore en train de chercher sa place.
À 25 ans.
Montréal regarde ailleurs… et avance
Pendant que cette histoire se déroule, les Canadiens de Montréal, eux, ont tourné la page depuis longtemps.
Kent Hughes n’a aucun intérêt à revisiter ce dossier. Martin St-Louis non plus. L’organisation est ailleurs. Elle regarde vers l’avant.
Et surtout, elle a compris une chose :
le talent ne suffit pas.
Il faut l’attitude.
Il faut la discipline.
Il faut la maturité.
Des éléments que Kotkaniemi n’a jamais su assembler de façon constante.
Une honte… mais aussi une leçon
Oui, il y a de la honte dans tout ça. Une honte sportive. Une honte professionnelle. Voir un ancien 3e choix au total se retrouver dans les gradins, ignoré, utilisé comme solution temporaire à l’entraînement… c’est dur.
Mais c’est aussi une leçon.
Une leçon pour les organisations.
Une leçon pour les jeunes joueurs.
Une leçon sur ce que ça prend pour durer dans cette ligue.
Jesperi Kotkaniemi avait tout pour réussir.
Mais aujourd’hui, il se retrouve à regarder les autres jouer… en se demandant où tout a basculé.
Et à Montréal, pendant ce temps-là, on avance.
Sans lui.
