Pendant que tout le monde avait les yeux rivés sur le dossier judiciaire de Gavin McKenna, pendant que les réseaux sociaux débattaient de moralité, de réputation et de projections de premier choix au total, le Canadien de Montréal, lui, regardait ailleurs. Et franchement, avec ce qui est en train de se passer en Russie, on comprend pourquoi.
Parce que pendant que McKenna faisait la une pour de mauvaises raisons (avant que l’accusation majeure soit finalement retirée) un autre jeune de 18 ans est tranquillement en train d’exploser contre des hommes dans la KHL.
Son nom : Alexander Zharovsky, le prodige du CH.
13 buts, 36 points en 44 matchs avec le Salavat Yulaev Ufa. À 18 ans. Dans une ligue adulte. Avec un vrai rôle offensif. Pas caché sur un quatrième trio. Pas protégé artificiellement. Installé dans le top-6, utilisé en avantage numérique, responsabilisé soir après soir.
Et là où ça devient franchement fascinant, c’est quand ceux qui le côtoient directement commencent à parler.
Andrei Pustoyov, un jeune joueur russe qui connaît bien Zharovsky, est allé jusqu’à dire ceci, sans détour :
Alexander Zharovsky n’est clairement pas moins bon que Gavin McKenna.
On parle du même McKenna que plusieurs voient déjà comme le futur premier choix du repêchage. Le prodige canadien. Le joyau annoncé. Et pourtant, sur la glace, aujourd’hui, à développement égal, Zharovsky avance au même rythme sinon plus vite.
Andrei Pustoyov, pour situer tout le monde, est un jeune attaquant russe qui évolue dans les circuits de développement en Russie et qui connaît personnellement Alexander Zharovsky depuis plusieurs années.
Ils ont grandi dans les mêmes programmes, se sont affrontés et côtoyés régulièrement dans les ligues juniors, et Pustoyov est considéré là-bas comme un espoir sérieux à son tour.
Bref, c’est un gars qui voit Zharovsky jouer depuis longtemps, dans les entraînements comme en match, pas un observateur à distance.
Quand il affirme que Zharovsky « n’est clairement pas moins bon que Gavin McKenna », ça vient d’un joueur qui partage la glace avec cette génération-là, qui connaît le calibre réel, le rythme, les détails techniques. Ce n’est pas du hype médiatique : c’est un témoignage de l’intérieur.
Ivan Demidov avait terminé sa dernière saison avec 49 points en 65 matchs en KHL, dans un contexte beaucoup plus instable. Zharovsky, lui, est présentement sur un rythme projeté d’environ 60 points sur une saison complète. À 18 ans. Contre des vétérans. Avec de vraies responsabilités.
La différence?
Le rôle.
Là où Demidov devait survivre dans une hiérarchie rigide, Zharovsky s’impose. À Oufa, il est intégré. Protégé. Mis dans des situations offensives claires. Résultat : constance, différentiel positif, impact visible à chaque présence.
Et physiquement, on ne parle pas d’un espoir frêle qu’on doit cacher. Zharovsky mesure 6 pieds 1. Il protège la rondelle. Il absorbe les contacts. Il prend son espace. Il joue comme un gars qui va très bien traverser l’Atlantique.
Le Canadien de Montréal a repêché ce gars-là… au début de la deuxième ronde.
Pendant que d’autres organisations regardaient ailleurs parce qu’il est russe. Parce que la Russie est exclue des compétitions internationales. Parce que le Championnat mondial junior n’est plus une vitrine pour ces jeunes. Montréal, lui, a creusé. (merci à Nick Bobrov)
Et aujourd’hui, tout indique que Kent Hughes et son groupe ont peut-être mis la main sur un talent de calibre top-10… sans payer le prix d’un top-10.
C’est exactement le genre de coup qui change une reconstruction.
Ajoute à ça le lien unique avec Ivan Demidov (amis d’enfance, chimie naturelle, communication constante) et tu comprends pourquoi, en coulisses, ça commence à rêver grand.
Zharovsky est maintenant testé au centre. Ses statistiques montent. Son influence aussi. Son entraîneur parle déjà d’un joueur qui « anticipe le jeu mieux que certains trentenaires ».
Et pendant ce temps-là, pendant que McKenna traverse une tempête médiatique, Zharovsky empile les points, bâtit sa maturité et solidifie son jeu dans l’ombre.
Ce n’est pas une critique envers McKenna (son talent est réel, immense) mais avouez que c'est excitant.
L’un est projeté premier au total.
L’autre a été pris en deuxième ronde.
Et pourtant, aujourd’hui, sur la glace, l’écart est loin d’être évident.
C’est ça, la vraie histoire.
Le Canadien n’a pas seulement repêché un bon espoir russe.
Il a peut-être volé un joueur générationnel.
Et si Alexander Zharovsky continue sur cette trajectoire, on va se souvenir longtemps de ce repêchage-là. longtemps.
Parce que pendant que tout le monde parlait de Gavin McKenna…
Montréal, lui, était en train de bâtir quelque chose de franchement indécent.
