Dans le bruit constant du marché des transactions, un nom a été répété jusqu’à l’écœurement à Montréal au cours des dernières semaines, au point de masquer l’essentiel.
Or, pendant que l’attention médiatique se perd dans des dossiers déjà réglés ou mal ciblés, le véritable besoin du Canadien de Montréal est ailleurs, beaucoup plus clair : un défenseur droitier vétéran, de gros gabarit, capable de survivre et d’imposer le respect, quand le hockey devient laid, lourd et sans pitié.
On voit tous les limites évidentes d’Arber Xhekaj, qui n’a plus la confiance de son entraîneur dans des contextes serrés. Cinq minutes de jeu. Moins de dix minutes dans cinq de ses six derniers matchs. Ce n’est pas une coïncidence, ni un accident. C’est un verdict silencieux.
Martin St-Louis ne le dit pas publiquement, mais il le démontre soir après soir : Xhekaj n’est pas un défenseur de séries fiable, pas encore.
Son impact physique est réel, son courage indiscutable, mais ses erreurs coûtent trop cher.
C’est exactement dans ce vide que le nom de Tyler Myers prend tout son sens. Pas comme vedette, pas comme sauveur, mais comme solution froide, logique et adaptée à la réalité du Canadien.
Droitier. Six pieds huit pouces. Expérimenté. Capable de dégager le devant du filet sans paniquer. Capable d’absorber des minutes défensives sans transformer chaque présence en exercice de survie. Myers n’est plus un défenseur offensif dominant, mais il n’a jamais été payé pour ça à ce stade de sa carrière.
À Montréal, son rôle serait clair : stabiliser une troisième paire, protéger les jeunes, réduire le risque. Rien de spectaculaire. Tout ce qui gagne en séries.
Surtout, il joue pour faire mal. Il frappe comme un train:
En séries, là ou le double-échec est pratiquement légal, il va se laisser aller comme s'il n'y avait pas de lendemain.
Et quand il passe sur ton corps comme un train, il assume et jette les gant comme un vrai boxeur:
Il deviendrait le shérif de Montréal automatiquement.
Son contrat de 3 millions de dollars jusqu’en 2027 n’est pas un problème, au contraire. Il s’inscrit parfaitement dans la fenêtre actuelle du CH. Au pire, il devient un septième défenseur l’an prochain, un mentor pour David Reinbacher. Au mieux, il permet au Canadien de ne pas s’effondrer physiquement quand le jeu se resserre.
Et surtout, Myers coûte moins cher que les illusions qui circulent ailleurs. Il ne commande pas deux choix élevés ni un espoir premium.
Il ne force pas Kent Hughes à sacrifier un morceau du futur pour un gain marginal. C’est exactement le type de transaction que le DG du Canadien est prêt à faire : une amélioration ciblée, mesurée, sans surpayer.
Est-ce qu'un choix de 2e ronde pourrait convaincre les Canucks? Ou un package raisonnable comprenant Owen Beck et un choix plus tardif?
Certains affirment que les Canucks sont intéressés à Arber Xhekaj. Quitte à le faire jouer 5 minutes, pourquoi ne pas l'échanger contre son remplaçant?
Les options circulent.
Kent Hughes observe un marché mince, où les vendeurs veulent créer une surenchère, mais où très peu d’équipes ont réellement les moyens, ou la patience, de payer.
Plus haut dans la hiérarchie, les gros noms continuent de circuler. Justin Faulk, Colton Parayko. Des profils plus lourds, plus chers, plus engageants. Parayko, en particulier, coche toutes les cases du défenseur de séries ultime : droitier, massif, capable de jouer 25 minutes par soir, structuré, intimidant sans être indiscipliné.
Mais le prix est brutal, et il porte un nom : David Reinbacher. Les Blues de Saint-Louis ne décrochent pas. Ils veulent le défenseur droitier autour duquel ils peuvent reconstruire calmement pendant dix ans.
C’est là que la réflexion devient inconfortable. Sacrifier Reinbacher pour solidifier immédiatement la ligne bleue, ou continuer à espérer que la solution se développe à l’interne ?
Ce débat existe. Il est réel. Mais il est distinct du dossier Myers. Et c’est précisément pour ça que Tyler Myers intrigue autant : il permet au Canadien de gagner du temps, de solidifier sans brûler un actif majeur, de rester compétitif sans changer son ADN.
Le message qui filtre est clair : Montréal veut grossir, mais intelligemment. Pas pour faire un coup de circuit médiatique. Pas pour calmer une radio. Pour devenir plus difficile à jouer quand les vraies tempêtes arrivent. Dans cette optique, Myers n’est pas glamour. Il est utile. Et dans la LNH d’avril et de mai, c’est souvent ce qui fait la différence.
Le marché va continuer de bouger. Des équipes vont paniquer. Des prix vont gonfler. Et pendant ce temps, le Canadien attend.
Parce que pour une fois, il n’est pas obligé d’acheter. Il peut choisir. Et quand un défenseur droitier fiable deviendra disponible au bon prix, Montréal sera prêt.
