Achat des Nordiques: Couche-Tard répond, Luc Poirier écarté

Achat des Nordiques: Couche-Tard répond, Luc Poirier écarté

Par David Garel le 2025-11-29

Le masque est enfin tombé.

Le ministre des Finances, Éric Girard, a lâché la bombe que tout le Québec refusait d’entendre depuis 10 ans : le retour des Nordiques est mort, et il est mort parce que ceux qui ont réellement l’argent pour le faire… ne veulent rien savoir.

Et le pire ?

Luc Poirier, celui que tout le monde voyait comme le dernier espoir, n’est même pas sur la liste.

Même pas évoqué. Même pas considéré. Une gifle publique.

Le ministre ne l’a pas dit explicitement. Il n’a pas nommé les deux personnes à 10 milliards auxquelles il a parlé. Tout le monde connaît les deux seuls Québécois qui répondent aux critères décrits :

« Je connais deux personnes au Québec, personnellement, qui valent 10 milliards de dollars. Je leur ai déjà demandé si elles voulaient acheter une équipe de hockey, puis elles m’ont dit non. »

« Ils ne sont pas prêts à payer 2 milliards pour une équipe qui ne fera pas d’argent annuellement. »

Mais de qui parlent-ils?

Il n’y en a que deux au Québec.

Deux.

Et ni l’un ni l’autre ne veut investir un seul dollar dans les Nordiques.

QUI SONT LES DEUX HOMMES À 10 MILLIARDS ?

1. Alain Bouchard: Le roi de Couche-Tard

Valeur personnelle : 10 à 12 milliards $ US

Un des géants mondiaux du commerce de détail.

Une des plus grosses fortunes de l’Amérique du Nord.

L’homme qui pourrait acheter une LNH au complet, s’il voulait.

Il ne veut pas.

Il l’a dit à Girard.

Refus catégorique.

2. Emanuele “Lino” Saputo: Le patriarche de l’empire laitier

Valeur personnelle : 8 à 10 milliards $ US, parfois plus selon les actifs privés.

Un empire industriel mondial.

Une puissance financière inatteignable.

Lui aussi a dit non. Froid. Sec. Définitif.

Et Luc Poirier? Il n’est même pas dans la discussion. Et c’est peut-être la partie la plus humiliante de toute cette histoire.

Pendant des années, Québec a mis toute son énergie, tous ses espoirs, toute sa stratégie médiatique sur un nom : Luc Poirier.

S’il y a bien un nom qui, pendant des années, a fait vibrer la fibre hockey du Québec, c’est celui de Luc Poirier.

Chaque fois qu’il ouvrait la bouche, chaque fois qu’il publiait un statut Facebook, chaque fois qu’il laissait entendre qu’il était prêt à « faire quelque chose », Québec s’enflammait. Il était devenu le symbole du possible, de l’alternative, du “Plan B” à l’ère post-Péladeau.

En 2016-2017, alors que les Coyotes vivaient une instabilité chronique, un chaos organisationnel sans précédent et une recherche de nouveaux investisseurs, Luc Poirier s’est lancé dans l’opération la plus audacieuse de sa carrière.

Il ne s’agissait pas seulement d’un caprice. Il ne s’agissait pas d’un coup publicitaire. Il a réellement tenté de déposer une offre entre 650 et 800 millions de dollars, selon ses propres propos.

Mais la LNH n’a jamais embarqué parce que Poirier voulait bouger les Coyotes à Québec.

Mais le clou dans le cercueil, celui que la plupart des fans ignorent, c’est ceci : Luc Poirier ne voulait pas ramener une équipe dans un amphithéâtre qu’il ne contrôlait pas.

Le Centre Vidéotron appartient à Québecor. Et un propriétaire d’équipe doit contrôler la billetterie, les concessions, les loges corporatives, le stationnement, la publicité et les revenus événementiels.

Sans ça, mathématiquement, une équipe ne peut pas être rentable.

Et Poirier l’a dit à plusieurs reprises, publiquement :

« Je ne ramènerai jamais une équipe dans un amphithéâtre que je ne gère pas. C’est impossible. »

Mais selon Girard, ce n'est pas la raison. Pour lui, Poirier est tout simplement "trop pauvre". Il n’a même pas prononcé son nom. Mais c'est l'insulte suprême: Poirier n’est pas éliminé parce qu’il manque d’ambition. Il est éliminé parce que la structure économique l’empêche d’exister comme option.

Et ça, c’est tragique pour Poirier. Car le ministre affirme publiquement, en-dessous de la table, que Poirier ne pourra jamais acheter une équipe dans le modèle actuel.

Girard ne l’a même pas évoqué. Parce qu’il n’est pas dans la conversation des “10 milliards”. Il ne fait pas partie de cette élite-là.

Pendant ce temps, l’homme qui avait la chance en or, l’homme qui avait l’amphithéâtre, l’homme qui était en ligne avec Vegas dans le processus d’expansion… a refusé de payer 500 millions en 2016.

Girard l’a confirmé indirectement :

PKP n’a jamais déposé d’offre formelle.

Il a hésité.vIl a reculé.vIl a trouvé ça trop cher... à 500 millions… alors que la valeur moyenne vaut 2200 millions aujourd’hui.

Un désastre historique.

Pierre LeBrun, le journaliste le plus respecté du business du hockey, a été clair :

« Québec a eu sa chance avec Vegas en 2017. C’était la dernière. »

Le retour du hockey dépend d’une personne à 10 milliards, prête à perdre de l’argent...

Bouchard et Couche-Tard ont dit non. Saputo et ses fromages ont dit non. PKP est trop pauvre pour cette ligue

Et Poirier... n'est même pas invité à table

Comme si le destin voulait ajouter un dernier poignard…

L’Avalanche du Colorado, l’équipe qui aurait dû rester ici, va porter le chandail des Nordiques aujourd'hui contre le Canadien de Monréal.

Le rêve des Nordiques est mort.

Le ministre des Finances vient de signer l’acte de décès. Il s'est arrangé pour envoyer Luc Poirier sous l'autobus...