Accusations portées contre Kent Hughes: Mario Langlois lance une bombe médiatique

Accusations portées contre Kent Hughes: Mario Langlois lance une bombe médiatique

Par David Garel le 2026-02-07

Mario Langlois est allé trop loin.

En ondes, l'animateur des Amateurs de sports sur les ondes du 98,5 FM, accuse le DG Kent Hughes de le snober, lui et son réseau "has been".

Et ce détail devient encore plus troublant quand on se rappelle que le 98,5 FM est le diffuseur radio officiel du Canadien.

Autrement dit : la station qui détient les matchs n’arrive même pas à obtenir une entrevue avec un ancien DG emblématique... ni avec l’actuel.

Tout est parti d’une frustration exprimée en ondes par Mario Langlois. L’animateur des Amateurs de sports affirme que le Canadiens de Montréal ignore désormais Cogeco, malgré le statut de diffuseur radio officiel du 98,5 FM.

Langlois parle d’un CH qui aurait ses « chouchous », ses favoris médiatiques, laissant entendre que certains journalistes bénéficieraient d’un accès privilégié pendant que son réseau, lui, se fait fermer la porte.

Et quand on dit “chouchous”, tout le monde comprend exactement de qui on parle : Mathias Brunet, Renaud Lavoie, et quelques autres habitués des corridors du Centre Bell.

Dans la ligne de mire, directement, se retrouve Kent Hughes. Parce que oui : ça fait près de trois ans que le directeur général du Canadien n’a pas accordé d’entrevue au 98,5 FM.

Pour une station qui détient les droits radio du club, c’est énorme. C’est la honte. Et surtout, ça nourrit un sentiment clair chez Cogeco : celui d’être snobée par l’organisation.

Mais avant de crier au favoritisme, il faut poser la vraie question, brutale, mais nécessaire : est-ce que le Canadien snobe Cogeco… ou est-ce que Cogeco est en train de payer le prix de sa propre dérive?

Parce que quand on regarde l’ensemble du portrait, c’est difficile d’ignorer le contexte.

Cogeco traverse actuellement une période noire : chute marquée des cotes d’écoute du 98,5 FM, montée fulgurante de QUB Radio, sorties idéologiques répétées, ton de plus en plus militant sur plusieurs tribunes… et, selon les informations qui circulent dans l’industrie, près de 5 millions de dollars de pertes projetées pour 2025.

Ce n’est plus une simple mauvaise passe. C’est une crise.

Il y a des moments où une station de radio cesse d’être simplement un média… et devient un problème pour ceux qui lui sont associés.

Ce que vit présentement le 98,5 FM dépasse largement la radio parlée. On parle d’un diffuseur officiel du Canadien de Montréal qui accumule les dérapages idéologiques, banalise des propos extrêmes, humilie ses invités en ondes, suggère des boycotts politiques à l’étranger… puis s’étonne que le club garde ses distances.

Pendant que Cogeco s’enfonce dans ses propres controverses, le Canadien, lui, tente de protéger sa marque, ses joueurs, ses partenaires et ses partisans.

Et c’est là que tout se rejoint.

Prenons les faits.

Sur les ondes associées au 98,5 FM, l’actrice Geneviève Brouillette a tenu des propos où elle souhaitait ouvertement la mort de Donald Trump, ajoutant qu’elle irait klaxonner dans les rues comme à la Saint-Jean si ça arrivait.

Ce n’est pas une caricature. Ce n’est pas une exagération. C’est exactement ce qui a été dit.

On peut aimer ou détester Trump. Ce n’est pas le sujet.

Le sujet, c’est qu’on a laissé passer, sans réelle mise en garde, un fantasme de mort exprimé en riant, dans un environnement médiatique grand public. On a normalisé ça. On a banalisé ça.

Et quand tu es la radio officielle du Canadien de Montréal, tu ne peux pas te permettre ce genre de dérapage sans que ça ait des conséquences.

Le CH est une organisation internationale. Une marque qui vend du rassemblement, pas de la haine. Du sport, pas des pulsions politiques. Et là, son diffuseur se retrouve associé à une tribune où l’on plaisante avec la mort d’un être humain.

Déjà, ça devrait faire réfléchir.

Comme si ce n’était pas assez, Cogeco a ensuite franchi une autre ligne.

Sur ses ondes, Nathalie Normandeau et Luc Ferrandez ont sérieusement soulevé l’idée que le Canadien devrait annuler son match du 2 février à Minneapolis contre le Wild du Minnesota.

Pas pour une raison sportive. Pas pour une question de sécurité directe de l’équipe. Mais pour poser un geste politique visant Donald Trump et les opérations de l’ICE.

On parle ici d’une équipe canadienne.

Une équipe qui n’a aucun pouvoir sur la politique américaine.

Une équipe qui évolue dans une ligue nord-américaine régie par des contrats télé, des ententes commerciales et des obligations sportives extrêmement strictes.

Et Cogeco, dans sa bulle idéologique, se permet de lancer ça comme si c’était normal : Et si le Canadien boycottait son match?

C’est complètement déconnecté.

Pendant ce temps-là, des équipes américaines continuaient de jouer leurs matchs. Personne n’annulait rien. Mais ici, au Québec, Cogeco voulait transformer le CH en symbole militant.

C’est irresponsable.

Parce que ce genre de sortie met le Canadien dans une position impossible : soit il ne réagit pas et se fait accuser de silence complice, soit il réagit et se fait aspirer dans un débat politique étranger.

Le Canadien n’a rien demandé de ça.

Ajoutons maintenant le volet hockey.

Au Bye Bye, plusieurs figures sportives ont été caricaturées, dont José Théodore qui a été accusé d'être sous l'effet de substances en ondes:

Même l’univers sportif associé à Cogeco est devenu un terrain de controverse publique.

Quand ton diffuseur officiel commence à perdre son aura sportive, quand ses figures deviennent des objets de parodie nationale, ça fragilise toute la structure.

Le 98,5 aimait se présenter comme “la maison du sport”. Aujourd’hui, cette maison est fissurée.

Et comme si tout ça ne suffisait pas, il y a eu l’épisode Patrick Lagacé.

Son entrevue avec Luis Miranda, responsable du déneigement à Montréal, a exposé au grand jour ce que plusieurs auditeurs dénoncent depuis longtemps : un ton condescendant, méprisant, agressif.

« Avec le déneigement de cu...l... qu’il y a à matin, vous allez changer de ton. »

Ce n’est pas une question d’opinion politique. C’est une question de respect de base. Un animateur n’est pas là pour humilier ses invités. Il est là pour informer, confronter intelligemment, faire avancer la discussion.

Cet audio est devenu viral parce qu’il résume parfaitement pourquoi le 98,5 FM est en chute libre : une radio qui parle aux gens comme s’ils étaient des imbéciles, puis qui se demande pourquoi l’auditoire décroche.

Ce n’est pas du favoritisme. C’est de la gestion de risque.

Après tout ça, Cogeco commence à se plaindre que le Canadien aurait ses “chouchous”. Que le CH ne donne pas assez d’entrevues au 98,5. Que l’organisation serait injuste.

Non.

Ce n’est pas du favoritisme.

C’est de la gestion de risque.

Quand un partenaire médiatique devient un générateur constant de controverses idéologiques, le Canadien fait ce que toute organisation sérieuse ferait : il se protège.

Le CH ne veut pas être aspiré dans les tempêtes politiques de Cogeco. Il ne veut pas être associé à des propos extrêmes. Il ne veut pas devenir un dommage collatéral d’une radio qui a perdu ses repères.

Et pendant que tout ça se produit, Cogeco ne va pas bien financièrement.

Environ 5 millions de dollars de pertes projetées pour 2025.

Dans ce contexte, chaque commanditaire compte. Chaque partenaire compte. Chaque droit sportif devient un actif critique.

Or le contrat radio du Canadien arrive à échéance à l’été 2027.

Un an et demi, en radio sportive, c’est demain matin.

Alors la vraie question, celle que Cogeco n’ose pas poser publiquement, est simple :

Pourquoi le Canadien prolongerait-il son association avec un diffuseur qui multiplie les dérapages et fragilise sa propre crédibilité?

Un diffuseur officiel, ce n’est pas juste un micro. C’est un environnement. Une image. Une stabilité.

Présentement, Cogeco offre tout sauf ça.

Le hockey va payer

Et qu’on ne se trompe pas : si Cogeco continue de s’enfoncer, ce ne sont pas seulement les animateurs vedettes qui vont payer.

Ce sera le département des sports.

Ce seront les équipes techniques.

Ce seront les voix hockey.

Quand une entreprise est sous pression financière et réputationnelle, elle coupe. Elle restructure. Elle centralise. Elle sacrifie ce qui coûte cher.

Et le hockey coûte cher.

Le duo Martin McGuire-Dany Dubé n’est pas responsable de cette dérive éditoriale. Mais il risque d’en subir les conséquences.

Parce qu’à la fin de la journée, les chiffres parlent plus fort que les émotions.

Alors oui, Cogeco est jalouse.

Jalouse de voir QUB Radio monter pendant que le 98,5 descend.

Jalouse de perdre son statut dominant.

Jalouse de sentir que le Canadien garde ses distances.

Mais cette jalousie est surtout un symptôme.

Le symptôme d’un diffuseur qui a perdu sa boussole.

Qui confond militantisme et radio.

Qui banalise l’extrême.

Qui méprise son auditoire.

Et qui réalise maintenant que même le Canadien de Montréal n’a plus envie d’être aspiré dans ce chaos.

Le CH est une institution centenaire. Il survivra à Cogeco.

Mais Cogeco, dans sa forme actuelle, n’est pas assurée de survivre au prochain cycle de droits.

Et ça, ce n’est pas une opinion.

C’est une réalité qui commence à faire très, très mal.