Martin St-Louis arrive à la dernière année de son contrat avec le Canadien de Montréal, mais tout indique que cette dernière année ne sera jamais réellement une dernière année.
La Gazette soulève maintenant un scénario qui paraît tellement logique : une prolongation de quatre saisons, ce qui permettrait à St-Louis de rester sous contrat jusqu’au même horizon que Kent Hughes et Jeff Gorton.
Les deux dirigeants ont obtenu des prolongations de cinq ans au début de la saison dernière, et une nouvelle entente de quatre ans pour l’entraîneur-chef permettrait de garder le trio à peu près dans la même fenêtre contractuelle.
Sur le plan sportif, le dossier de St-Louis est difficile à ignorer. Lorsque Dominique Ducharme a été congédié en février 2022, le Canadien venait de terminer une saison catastrophique.
Depuis l’arrivée de St-Louis, l’équipe a progressé chaque année : 55 points en 2021-2022, 68 en 2022-2023, 76 en 2023-2024, 91 en 2024-2025 et finalement 106 points en 2025-2026, avec une participation aux séries lors des deux dernières saisons.
C’est précisément cette progression constante qui avait impressionné Jeff Gorton.
« Je pense que dans la Ligue nationale, c’est très difficile de s’améliorer chaque année sans connaître une certaine régression », avait expliqué le président du Canadien.
C’est aussi ce qui rend une prolongation pratiquement incontournable. St-Louis est maintenant le quatrième entraîneur-chef qui occupe son poste depuis le plus longtemps dans la LNH, derrière Jon Cooper, Jared Bednar et Rod Brind’Amour.
Après quatre saisons à Montréal, l’organisation n’est plus dans une situation où elle cherche simplement à voir si St-Louis peut survivre à la reconstruction. Le Canadien lui confie maintenant une équipe qui vient de franchir le cap des 100 points et qui entre dans une nouvelle phase de ses ambitions.
Mais le véritable sujet commence avec le salaire.
Martin St-Louis touche actuellement 5 millions de dollars par saison. Il lui reste une saison à son contrat, jusqu’à l’été 2027. Il n’a donc absolument aucune raison de signer une prolongation qui lui ferait perdre de l’argent.
Le marché des entraîneurs a complètement changé depuis sa dernière entente, et Mike Sullivan a établi le nouveau standard. Les Rangers lui ont accordé cinq ans à 6,5 millions de dollars par saison, soit 32,5 millions au total, ce qui représente actuellement le plus gros salaire annuel rapporté pour un entraîneur de la LNH.
Alors, si Montréal veut vraiment sécuriser St-Louis pour quatre saisons supplémentaires, les chiffres deviennent très faciles à imaginer.
À 6 M$ par année : 24 M$ sur quatre ans.
À 6,25 M$ : 25 M$.
À 6,5 M$ : 26 M$.
À 7 M$ : 28 M$.
Et le scénario à 6,5 millions devient particulièrement intéressant. Le Canadien pourrait offrir à St-Louis exactement le même salaire annuel que celui que les Rangers ont accordé à Sullivan. Il ne serait donc pas nécessairement le seul entraîneur le mieux payé de la LNH : il serait à égalité avec le détenteur actuel du record.
À sept millions, Montréal ferait encore plus fort. St-Louis deviendrait alors le seul entraîneur au sommet du marché salarial. Mais est-ce que Kent Hughes et Jeff Gorton veulent réellement aller jusque-là? C’est toute la question.
Autant éviter la controverse. L'information va couler et si St-Louis devient le seul entraîneur le mieux payé de la LNH, ça va créer un scandale et attirer les vautours dans les médias.
Autant le placer à égalité avec Sullivan.
Attention. Le contrat de Martin St-Louis ne peut pas être analysé uniquement en fonction de sa progression annuelle.
À 6,5 ou 7 millions par saison, le Canadien ne paierait plus simplement un entraîneur qui accompagne une reconstruction. Il paierait un entraîneur à qui l’organisation confie désormais la responsabilité de faire passer cette équipe de jeune formation prometteuse à véritable prétendant à la Coupe Stanley.
St-Louis a participé au développement de plusieurs joueurs qui constituent aujourd’hui le cœur du Canadien. Nick Suzuki est devenu le centre numéro un. Cole Caufield s’est transformé en marqueur de premier plan. Juraj Slafkovsky a commencé à démontrer pourquoi il avait été choisi premier au total. Lane Hutson est devenu une pièce majeure de la brigade défensive. Ivan Demidov représente maintenant l’une des pièces les plus excitantes de l’avenir offensif de Montréal.
L’organisation peut donc défendre son investissement. Elle peut dire que St-Louis n’est plus le même entraîneur qu’en 2022, tout comme le Canadien n’est plus la même équipe.
Il a gagné de l’expérience, il a vécu deux participations aux séries, il a traversé une reconstruction complète et il arrive maintenant dans une période où les attentes vont considérablement augmenter.
Mais il y a un autre côté à cette médaille.
Plus tu paies un entraîneur, plus tu lui enlèves le bénéfice du doute.
À cinq millions, St-Louis était surpayé comme entraîneur en développement qui accompagne une jeune équipe. À 6,5 ou 7 millions, ce sera pire.
Si Hughes et Gorton ont cinq années devant eux, ils ne veulent probablement pas créer une situation où St-Louis entre dans sa dernière année de contrat alors que la direction possède encore plusieurs saisons devant elle.
Une prolongation de quatre ans permettrait de remettre tout le monde dans la même fenêtre et d’éviter que l’entraîneur-chef se sente rejeté.
Le Canadien veut envoyer un message très clair au vestiaire : Martin St-Louis est notre entraîneur pour la prochaine étape.
La vérité? Il a déjà fait sauter la banque. Le CH attend juste le bon moment pour créer la commotion.
26 millions pour un coach pee-wee?
