248 000 dollars par année: Martin St-Louis fait honte au gouvernement du Québec

248 000 dollars par année: Martin St-Louis fait honte au gouvernement du Québec

Par David Garel le 2026-03-14

Au Québec, un ministre gagne 248 000 dollars par année. Peu importe le portefeuille. Peu importe la pression. Peu importe l’ampleur du budget qu’il gère.

C’est ce que rappelait cette semaine une chronique du Journal de Montréal, signé par Rémi Nadeau, qui soulignait une incohérence assez frappante : au gouvernement du Québec, le ministre du Tourisme gagne exactement le même salaire que le ministre de la Santé, même si l’un supervise un budget d’environ 469 millions de dollars et 217 employés, tandis que l’autre gère près de 65 milliards de dépenses et un appareil gigantesque du système de santé.

Même salaire.

Le journal posait alors une question simple : dans le sport professionnel, pourrait-on imaginer que le septième défenseur gagne autant que la vedette offensive sur laquelle repose tout le poids de l’attaque?

Comme si Arber Xhekaj empochait 9,5 M$ par année... l'équivalent de Noah Dobson...

Évidemment que non.

Dans la LNH, les salaires reflètent brutalement la hiérarchie réelle du talent et de l’impact. Chez les Canadiens de Montréal, par exemple, tout le monde ne gagne pas 8 millions par année comme Cole Caufield. La logique est simple : les joueurs qui changent un match, qui vendent des billets et qui portent l’équipe sur leurs épaules sont payés comme des superstars.

Les autres… beaucoup moins.

Le parallèle devient encore plus fascinant quand on regarde le cas de Martin St-Louis.

L’entraîneur-chef des Canadiens touche environ 5 millions de dollars par année, ce qui le place parmi les entraîneurs les mieux rémunérés de la Ligue nationale.

Mais ce salaire, dans l’univers du sport professionnel, ne choque personne. Au contraire. Il reflète la réalité du marché : un coach capable de développer des jeunes, de gérer un vestiaire et de naviguer dans la folie médiatique montréalaise est une ressource extrêmement rare.

Dans le monde politique, la logique est inverse.

Tous les ministres gagnent la même chose, qu’ils dirigent un ministère mineur ou qu’ils contrôlent l’une des plus grandes machines bureaucratiques de l’État.

Une source citée dans la chronique reconnaissait d’ailleurs que la différence de charge de travail entre certains portefeuilles est évidente, mais que le salaire reste attaché au titre de ministre, pas au poids réel du poste.

Ce système existe depuis les débuts de la Confédération. Et même le comité chargé en 2023 de recommander une hausse salariale des élus, hausse qui a dépassé 30 %, portant la rémunération des députés à 142 000 $ et celle des ministres à 248 000 $, n’a jamais étudié la possibilité d’établir différentes classes de rémunération.

Au fédéral, c’est encore plus frappant : les ministres gagnent environ 309 000 $, peu importe la taille du portefeuille.

Dans le sport, une telle logique serait impensable.

Imaginez une équipe où le joueur marginal gagnerait autant que la vedette. Imaginez un alignement où le septième défenseur toucherait le même salaire que le meilleur marqueur. Comme le soulignait ironiquement le Journal de Montréal, il faudrait presque être dans « l’équipe nationale d’un pays socialiste ».

La LNH fonctionne selon un principe beaucoup plus simple : la valeur se mesure en impact.

C’est ce qui explique pourquoi certains joueurs gagnent 8 ou 10 millions par année, tandis que d’autres touchent le salaire minimum de la ligue.

C’est aussi pourquoi un entraîneur comme Martin St-Louis peut être payé plusieurs millions pour gérer une organisation sportive… pendant que des ministres responsables de budgets colossaux gagnent à peine le quart de ce montant.

Et le contraste ne s’arrête pas là.

Dans le cas de St-Louis, son salaire n’est qu’une petite partie de l’histoire. Sa fortune personnelle, bâtie à travers des investissements et des entreprises liées au monde du hockey, dépasse largement des dizaine, voire des centaines millions.

Entre ses placements, ses partenariats et ses apparitions publicitaires, comme celle très commentée avec Hydro‑Québec, son univers financier n’a rien à voir avec celui d’un élu.

Imaginez. Juste avec la pub d'Hydro-Québec, il a empoché 300 000 dollars. Plus de 50 000 dollars qu'un "pauvre" ministre.

De la petite monnaie pour Marty.

Deux mondes complètement différents.

D’un côté, un système politique où tous les ministres sont payés pareil, même si les responsabilités varient énormément. De l’autre, un sport professionnel où chaque dollar reflète la hiérarchie impitoyable de la performance.

La chronique du Journal de Montréal soulève donc une question simple, mais dérangeante : pourquoi accepte-t-on cette égalité salariale dans la politique… alors qu’elle serait jugée totalement absurde dans le hockey?

Dans un vestiaire de la LNH, la réponse serait évidente.

Celui qui porte l’équipe mérite d’être payé comme celui qui porte l’équipe.