Le prochain contrat de Ivan Demidov ne sera pas une simple négociation de plus dans le cycle habituel de la LNH. Il va s’inscrire dans une nouvelle réalité économique qui est déjà en train de transformer la ligue en profondeur, et tout ce qu’on entend du côté des agents est clair : les jeunes superstars ne veulent plus attendre, elles veulent frapper fort dès leur deuxième contrat.
Parce que ce qui se passe en ce moment avec Macklin Celebrini et Connor Bedard est en train de redéfinir les règles du jeu.
Pendant des années, le modèle était simple : contrat d’entrée, transition contrôlée, puis explosion financière à long terme.
Mais là, on parle d’un changement radical. Celebrini est déjà projeté dans une fourchette de 10 (contrat à court terme) à 20 million (contrat à long terme) par année sur son deuxième contrat, avec certains agents qui vont encore plus loin et qui osent poser la question sans détour : pourquoi pas plus de 20 millions?
Celebrini pourrait même refuser 20 M$ par année.
De plus en plus d’agents poussent leurs joueurs à éviter les contrats longs dès la deuxième entente, pour plutôt signer des deals plus courts, maximiser la hausse du plafond salarial, puis revenir à la table une troisième fois encore plus forts.
C’est exactement la logique adoptée par Auston Matthews : enchaîner les “doubles et triples” au lieu de viser le grand chelem trop tôt, parce qu’au final, ça rapporte plus.
Et c’est là que Demidov entre dans l’équation.
Parce que tout, absolument tout dans son profil, pointe vers ce modèle-là. Production rapide, impact immédiat, valeur marketing déjà établie, capacité à générer de l’attention et des revenus hors glace.
Ce n’est pas un joueur qui va signer un rabais sentimental pour “le bien du groupe”. C’est un joueur qui va arriver à la table avec des comparables, des chiffres, et une vision claire de sa valeur.
Et au cœur de tout ça, il y a Dan Milstein, son agent. On parle d'un requin qui a bâti sa réputation en utilisant précisément ce genre de situation pour maximiser la valeur de ses clients. C’est lui qui a déjà accompagné des profils élites vers des contrats ponts calculés, avant de faire exploser la banque quelques années plus tard.
Dans son portefeuille, tu retrouves des noms comme Nikita Kucherov, qui a signé un contrat pont avant de devenir l’un des joueurs les mieux payés et dominants de la ligue, ou encore Andrei Vasilevskiy, dont la valeur a explosé après ses premières ententes structurées intelligemment. Il a aussi représenté Artemi Panarin, un autre cas d’école d’un joueur qui a maximisé chaque contrat pont pour aller chercher un contrat massif au bon moment.
Ce sont exactement ces précédents-là qui rendent le dossier de Ivan Demidov aussi inquiétant pour le Canadien. Parce que Milstein ne découvre pas le processus en même temps que tout le monde. Il l’a déjà exécuté. Et avec un joueur du profil de Demidov, dans un marché qui explose, il va le refaire.
Et dans le cas de Ivan Demidov, tout indique qu’il va suivre exactement ce modèle. Accepter un contrat plus court, refuser de s’enchaîner trop tôt, profiter de la montée du plafond salarial… puis revenir à la table pour faire sauter la banque.
Parce qu’au moment où Demidov reviendra négocier après un contrat court, dans un marché gonflé et avec une production consolidée, ce ne sera plus une discussion. Ce sera une facture.
Et cette valeur-là va exploser dans un contexte où le plafond salarial pourrait atteindre 125 millions d’ici quelques années, ouvrant la porte à des contrats à 20-25 millions annuels pour les meilleurs joueurs de la planète.
Dans ce monde-là, Connor McDavid devient la référence ultime. Tout le monde s’attend à ce qu’il fasse sauter la banque, possiblement autour de 25 millions par année, peu importe l’équipe. Et derrière lui, toute une génération pousse : Celebrini, Bedard… et éventuellement Demidov.
Mais il y a un autre changement encore plus profond, et il est peut-être encore plus important.
La mort progressive de l’autonomie complète.
Les agents le disent ouvertement : la vraie “free agency” commence maintenant deux ans avant l’échéance des contrats. Les équipes ne veulent plus perdre leurs vedettes pour rien.
Elles vont les échanger avant. Elles vont contrôler le processus. Le modèle Matthew Tkachuk a changé la ligue. Celui de Matthews aussi. Et bientôt, chaque superstar va dicter ses conditions bien avant d’arriver au marché.
Dans ce context, le prochain contrat de Demidov devient un moment charnière pour les Canadiens de Montréal.
Parce que ce ne sera pas juste une question de chiffres. Ce sera une question de philosophie.
Est-ce que l’organisation va tenter de sécuriser un long terme rapidement, au risque de surpayer aujourd’hui pour économiser demain?
Ou est-ce que Demidov va imposer un contrat plus court, plus agressif, en misant sur l’explosion du plafond et sur son pouvoir de négociation grandissant?
Une chose est certaine : il ne sera pas seul.
Bedard va pousser.
Celebrini va pousser encore plus fort.
Et toute la ligue va suivre.
On est en train d’assister à la naissance d’une nouvelle économie dans la LNH, où les jeunes joueurs élites ne patientent plus… ils attaquent le marché dès qu’ils le peuvent.
Et Ivan Demidov, avec tout ce qu’il représente déjà à Montréal, risque d’être au cœur de cette révolution.
