Le dossier Cutter Gauthier vient de changer complètement de dimension. Selon Elliotte Friedman, le jeune attaquant d’Anaheim pourrait maintenant considérer une valeur située autour de 15 à 16 millions de dollars par saison, dans la foulée de l’explosion des contrats accordés aux jeunes vedettes de la LNH.
Le marché vient de franchir un nouveau cap avec les contrats de Leo Carlsson, Macklin Celebrini et Connor Bedard, et Gauthier possède un argument qui n’est pas négligeable : il vient de marquer 41 buts et récolter 69 points en 76 matchs à seulement 22 ans.
Pour les Ducks, le problème est immense. Ils ont déjà accordé à Carlsson un contrat de cinq ans à 18 millions de dollars par saison, et ils doivent maintenant trouver l’argent nécessaire pour conserver Gauthier sans complètement démolir leur structure salariale.
Anaheim dispose actuellement d’environ 9 millions de dollars d’espace projeté, selon les chiffres utilisés dans les dernières analyses du marché.
Un contrat de 15 millions laisserait donc un trou d’environ 6 millions; à 16 millions, on parle de près de 7 millions à créer. Le problème n’est donc plus seulement de convaincre Gauthier de signer. Pat Verbeek doit maintenant trouver qui il va sacrifier pour pouvoir le payer.
Et c’est exactement à ce moment que Kent Hughes doit commencer à écouter attentivement.
Parce que le Canadien n’a évidemment aucune raison de vouloir Cutter Gauthier à 16 millions de dollars. Ce serait complètement absurde et briserait son vestiaire entier qui a accprté d'être sous-payé.
Hughes n’a donc aucun intérêt à participer à cette surenchère. Mais il peut profiter de la conséquence de cette négociation. Si les Ducks sont obligés de libérer 6 ou 7 millions de dollars, soudainement plusieurs joueurs qui étaient pratiquement impossibles à obtenir deviennent beaucoup plus accessibles.
Le premier nom qui saute aux yeux est Mikael Granlund. Son contrat de 7 millions de dollars jusqu'en 2028 représente exactement le genre de salaire qu’une équipe coincée sous le plafond pourrait vouloir déplacer.
Granlund n’est plus un jeune joueur, mais il possède encore une qualité qui intéresse énormément Montréal : son intelligence, sa polyvalence et sa capacité à jouer au centre.
Pour un Canadien qui cherche toujours désespérément une solution temporaire ou permanente au poste de deuxième centre, le Finlandais devient beaucoup plus intéressant si Anaheim se retrouve obligé de le liquider rapidement.
Et c’est là toute la différence.
Kent Hughes n’aurait pas nécessairement besoin d’aller chercher le joueur que les Ducks veulent échanger. Il pourrait attendre que Pat Verbeek arrive au téléphone avec un problème beaucoup plus urgent :
« J’ai besoin que quelqu’un prenne ce contrat. »
Dans ce genre de situation, le rapport de force change complètement. Les équipes qui ont de l’espace sous le plafond deviennent rares et précieuses. Montréal, elle, peut se permettre d’écouter.
Les Ducks ont déjà commencé à attirer l’attention du marché avec Frank Vatrano, dont le nom a été identifié comme candidat à une transaction afin de créer de l’espace pour Gauthier.
Mais Vatrano n’est pas nécessairement le joueur le plus facile à déplacer. Son salaire demeure raisonnable à un peu plus de 4,5 millions (4,571 M$) jusqu"en 2028, mais sa saison 2025-26 catastrophique, seulement cinq buts et neuf points en 50 matchs, a considérablement diminué sa valeur. Anaheim pourrait donc devoir ajouter un choix ou un autre actif pour convaincre une équipe de l’absorber.
Et Montréal ne devrait certainement pas se porter volontaire pour rendre service gratuitement.
Si les Ducks veulent simplement économiser de l’argent, Hughes peut demander une compensation. Si Anaheim veut que Montréal prenne un contrat problématique, Montréal doit recevoir quelque chose en retour. Un choix de repêchage. Un espoir. Une sélection supplémentaire. Peu importe. Le Canadien ne devrait pas être la banque alimentaire d’Anaheim.
De toute façon, tout le monde sait dans le milieu que la cible du CH est Granlund.
Le dossier de Chris Kreider. lui, est encore plus compliqué. Son contrat de 6,5 millions de dollars pourrait libérer immédiatement une somme importante, mais le vétéran de 35 ans possède une protection contre les transactions (no-trade: 15 équipes) et doit accepter certaines destinations.
Surtout, Montréal n'est pas une destination qui l’intéresse, surtout avec toute la controverse l'entourant pour avoir brisé la carrière de Carey Price.
Le CH ne peut donc pas simplement décider de récupérer Kreider parce que son salaire aiderait Anaheim et parce qu'il serait un fit incroyable avec Ivan Demidov.
Il faudrait que le joueur accepte, que Montréal soit intéressé et que la transaction ait une véritable logique sportive.
Et franchement, ce n’est probablement pas le cas.
Même chose pour Alex Killorn, qui coûte encore 6,25 millions de dollars. Son contrat représente une autre possibilité mathématique pour Anaheim, mais Montréal n’a aucune raison de prendre un vétéran vieillissant simplement pour permettre aux Ducks de signer leur jeune vedette.
Si Hughes accepte de participer à cette opération, il devra obtenir quelque chose de significatif: le 2e centre pour Demidov.
Granlund est le fit parfait.
La détresse des Duck ouvre la porte.
Anaheim ne peut dire non à Gauthier.
Après une saison de 41 buts, il représente une pièce fondamentale de l’avenir de l’organisation. Les Ducks ont déjà fait le choix de payer Carlsson 18 millions. Ils doivent maintenant expliquer à Gauthier pourquoi il devrait accepter beaucoup moins alors qu’il vient lui aussi de connaître une saison exceptionnelle.
Le problème de Verbeek, c’est qu’il a peut-être créé lui-même le monstre.
En égalant l’offre hostile de Carlsson, Anaheim a protégé son joueur de franchise. Mais cette décision a aussi complètement bouleversé la hiérarchie salariale interne. Maintenant, les autres jeunes vedettes peuvent regarder le contrat de Carlsson et dire : « Pourquoi pas moi? »
Gauthier le fait déjà.
Et pendant qu’Anaheim tente de résoudre ce casse-tête, Kent Hughes veut en profiter.
Si les négociations continuent de bloquer autour de 15 ou 16 millions, cette journée pourrait arriver beaucoup plus rapidement que prévu.
Et lorsque le téléphone sonnera à Montréal, le DG du CH devra être prêt.
